« Je ne gagne pas ma vie avec la natation »
La jeune nageuse marocaine Sara Elbekri est qualifiée pour les JO de Londres 2012. Lors de cet entretien, elle nous dévoile ses distances de choix, ses autres sports ainsi que la façon dont elle gère sa vie hors de la piscine.

« J’espère faire mieux qu’en 2008 où j’ai fini à la 19e place. D’ici là, on verra et en attendant, je m’entraîne », confie Sara Elbekri.
Cette année, elle s’est distinguée en remportant plusieurs compétitions tant au niveau national que continental, ce qui lui a valu la qualification aux JO de Londres. Sara Elbekri, la jeune nageuse marocaine est sur tous les fronts. Initiée à la natation par ses parents, elle est fière de ce qu’elle a réalisé jusqu’à présent mais même à ce niveau, son sport seul ne lui permet pas de subvenir à ses besoins.
Vous êtes qualifiée pour les JO, comment se passent les préparations?
Les préparations se passent bien pour le moment. Nous sommes dans la dernière phase du travail intensif. J’espère que cela portera ses fruits.
Dans quelles distances participeriez-vous ?
Je suis qualifiée aux 400m, 800m nage libre, le 200m et 400m Quatre Nages, le 100m et 200m brasse. J’ai fait le choix de participer uniquement au 400 Quatre Nages et aux 100m et 200m brasse.
Comment avez-vous intégré le club de Lagardère Paris Racing ?
Etant donné que je nage en France, il est plus simple pour moi de prendre une licence avec un club français pour avoir accès à l’ensemble des compétitions locales. Par ailleurs, j’ai conservé une licence avec le Raja Athletic Club au Maroc pour participer aux compétitions qui se déroulent au Maroc.
Quel est votre meilleur temps réalisé ?
A Doha au Qatar en 2011, j’ai nagé les 50 m nage libre en 27″35. En 2010, à Casablanca, j’ai fait le 100 m nage libre en 58″30. En brasse, en 2009 à Montpellier lors des championnats de France, j’ai nagé le 50 m en 31″54. Et puis pour les 4 nages, j’ai fait le 200 m en 2 min 17 s à Doha en 2011.
Votre spécialité est la brasse, est-ce un choix ?
Ce n’est pas vraiment un choix, simplement, quand j’étais plus jeune, j’étais plus raide que mes compétitrices en brasse, d’où le choix de cette nage comme spécialité.
Quelle différence trouvez-vous entre la natation au Maroc et en France?
Je peux faire la comparaison entre la natation que j’ai connue il y a quelques années au Maroc et la situation actuelle en France. La différence majeure est l’infrastructure. Paris intra-muros (2 millions d’habitants) compte à lui seul près de 30 piscines municipales, sans compter les piscines privées. Ensuite, il y a les occasions de la pratique de la natation, soit les compétitions. En France, il est possible de trouver au moins une compétition par week-end dans une région de la France. De mon temps au Maroc, les compétitions étaient plus espacées.
Vous intéressez-vous à d’autres sports ?
Oui. Je regarde beaucoup les autres sports. Je n’en pratique que très peu mais le tennis est un sport que je trouve très passionnant, de même que le football.
Est-ce difficile d’étudier tout en pratiquant de la natation ?
J’estime que tout est question de choix personnel. La natation ne m’a jamais permis de gagner ma vie et je crains que cela ne me le permette jamais. Il m’a fallu suivre des études et aller décrocher un travail pour pouvoir gagner ma vie. J’ai eu de la chance car j’ai fait des études qui me plaisaient et j’exerce un métier que j’aime beaucoup.
Vos études et vos entraînements, vous vous en chargez seule ?
Je bénéficie de la bourse olympique de catégorie B.
Quel est votre plus beau souvenir ?
Mon plus beau souvenir sportif est la médaille d’argent des championnats d’Afrique en septembre 2010 au relais 4x100m Quatre Nages. Personne n’aurait parié sur notre équipe sur le podium avant la course. Nous avons pourtant fini sur la deuxième marche.
Qui vous a initiée à ce sport ?
Mes parents m’ont incitée à exercer un sport, leur choix s’est porté sur la natation et j’y ai pris goût.
Etes-vous toujours sous l’aile de Philippe Lucas ? Comment s’est passée votre rencontre ?
Oui, Philippe Lucas est toujours mon entraîneur. La rencontre s’est faite naturellement quand je cherchais un club à Paris. Il venait d’arriver à Lagardère Paris Racing. Depuis, j’ai appris à le connaître, à connaître sa méthode entrainement et à en tirer le meilleur.
Quels sont vos souhaits pour les JO ?
J’espère faire mieux qu’en 2008 où j’ai fini à la 19e place. D’ici là, on verra et en attendant, je m’entraîne. ◆

