« La 4G reste chère ! »
Méditel a dévoilé la semaine dernière la liste des gagnants du concours Méditel Apps Challenge. A cette occasion, le Soir Échos a rencontré Mohamed Elmandjra, DG du 2e opérateur de télécommunications au Maroc, pour un éclairage sur le marché des télécoms, la 4G et le contenu.

Malgré la forte concurrence dans le secteur des télécommunications au Maroc, le DG de Méditel, Mohamed Elmandjra, reste confiant. La preuve, Méditel a vu son chiffre d’affaires augmenter de 5 % en 2011.
Quels sont les objectifs du concours Méditel Apps Challenge ?
L’objectif pour Méditel, notamment à travers ce concours, est d’encourager les développeurs marocains et, par conséquent, l’innovation marocaine. Globalement, l’objectif est de s’inscrire dans une dynamique de développement du contenu spécifiquement marocain et de mettre le Maroc sur la carte des développeurs de contenu. Il y a plusieurs avantages pour les gagnants. Au delà des prix, cela leur donne une plate-forme pour pouvoir exposer leurs services, puisque nous intégrerons leurs applications dans l’Android market et le App Store de Apple.
Quelles sont les nouveautés de cette 2e édition ?
La principale nouveauté de la 2e édition du Méditel application developpement challenge est le nombre des participants. Nous avons enregistré le double des participants par rapport à l’année dernière, ce qui représente 1 100 participants, 80 applications ont été finalistes et 5 ont été primées. Cette année, le jury a remarqué une amélioration très importante de la qualité. Autre nouveauté, nous avons des applications développées aussi bien sur Android que sur iPhone alors que c’était seulement sur Android l’année dernière.
Quel est le positionnement de Méditel dans le contenu et pourquoi le développement de ce volet bloque-t-il toujours au Maroc ?
Par rapport au contenu, Méditel estime que c’est important d’encourager ce segment. Nous n’avons pas vocation à développer le contenu nous-mêmes, mais je pense que son développement est absolument critique pour l’évolution du secteur des télécommunications au Maroc, surtout à travers le contenu local. Il faut que tout le monde participe pour le développement du contenu marocain, sinon l’évolution du secteur sera limitée. Toutefois, je ne pense pas qu’il y ait de véritable blocage au niveau du contenu. Il faut juste encourager les développeurs et, heureusement, il y a une prise de conscience par rapport à cela actuellement.
Est-ce que Méditel a été impactée par la baisse des prix ?
Le marché est de plus en plus concurrentiel. Nous avons une baisse des prix très significative qui a été partiellement compensée par l’augmentation des volumes. Mais Méditel a réussi à opérer une augmentation de son chiffre d’affaires sur 2011, malgré cette forte baisse des prix. Notre chiffre d’affaires a augmenté de 5 % pour avoisiner les 5,961 milliards de dirhams et le chiffre d’affaires consolidé, lui, se situe à 6,24 milliards de dirhams.
Face à cette baisse des prix, quels seraient alors les relais de croissance ?
Le marché marocain des télécommunications reste extrêmement concurrentiel. Au niveau de la pénétration du marché, nous avons dépassé les 115 %. Donc cela devient de plus en plus difficile. Mais c’est un marché qui présente énormément de potentiel de développement sur le contenu, la data et ce genre d’activités. Il faut faire une transition comme dans les marchés plus mûrs qui passent de la voix aux services à valeur ajoutée comme la data.
Pensez-vous que la transition vers la 4G soit intéressante aujourd’hui ?
Je pense qu’au Maroc nous avons un problème structurel de la rentabilité de la 3G. Aujourd’hui, l’accès à l’informatique, ou l’accès à l’internet en général, n’est pas une question de 3G ou de 4G. C’est une question de densification, de couverture du territoire en entier et d’accessibilité. Aujourd’hui, nous ne sommes pas dans une dynamique de 4G, puisque nous n’avons pas un problème de débit. Aujourd’hui, au Maroc, nous avons d’autres éléments sur lesquels nous devons avancer avant d’arriver au débit. D’un autre côté, c’est extrêmement cher. On ne va pas pouvoir rentabiliser des investissements 4G avec la structure que nous avons actuellement.
Quels sont vos projets futurs ?
Nous nous inscrivons dans une dynamique très innovante. L’année dernière, nous avons proposé plusieurs offres. La solution Mix pour les jeunes, la tarification à la seconde… Ensuite nous sommes passés à la recharge à 1 dirham, sans parler de nos offres iPhone. Je peux vous dire que nous allons continuer dans cette dynamique d’innovation. Notre objectif est de servir tous les Marocains à tous les niveaux de bourses. Nous faisons aussi bien la recharge à 1 dirhams que l’iPad à 10 000 dirhams. Nous ne nous focalisons pas sur un segment de marché. Il y a des opportunités partout, dans tous les segments du marché, et il faut les exploiter. ◆

