« La justice marocaine a prononcé un jugement équitable »
Le 27 juin, le tribunal administratif de Rabat, a annulé, pour nombreuses irrégularités, les élections du 22 octobre 2011 du Conseil national de l’Ordre des architectes (CNOA). Entretien avec l’architecte Rachid Bouqartacha qui s’est retiré du CNOA pour protester contre le déroulement de ce scrutin.
Vous faites partie des architectes qui ont claqué la porte lors de la réunion élective du Conseil national de l’Ordre des architectes. Pourquoi ?
Dans un premier lieu, les recommandations de la Commission nationale de recours n’ont pas été respectées par la commission nationale des élections. Les irrégularités ayant fait l’objet de recours se présentent comme suit : non respect des horaires de vote, le nombre de représentants par catégorie d’architectes (privé, public) n’a pas été respecté, en plus du refus de candidature d’un confrère, qui remplissait toutes les conditions de participation. Par ailleurs, un candidat n’a pas reçu la liste officielle des votants pour pouvoir accomplir sa campagne électorale ; un architecte du secteur public a voté pour la catégorie des architectes privés, et des bulletins de votes n’ont pas été comptabilisés dans certaines régions. D’ailleurs la décision de proclamation des résultats des élections s’est faite hâtivement et en l’absence de deux membres de la Commission des élections convoqués peu de temps avant la tenue de la réunion d’annonce « officielle » de la liste des membres élus du Conseil national. Bref, tous s’est déroulé à la va-vite, et tant pis pour ceux qui avaient un empêchement justifié…
Combien êtes-vous à dénoncer ces irrégularités ?
Nous sommes 5 architectes sur les 10 « proclamés élus » du secteur privé, soit la moitié, retirées du Conseil. Les Conseils régionaux de Casablanca, de Marrakech, d’Agadir, de Tanger et de Tétouan ont pris part à ce mouvement de contestation en signant une pétition et en boycottant la journée de l’Architecte organisée le 14 Janvier 2012 par le fantomatique Conseil National qui n’a aucune légitimité.
Pourquoi étiez-vous contre la nomination du nouveau président du Conseil ?
Avec tous mes respects aux architectes du secteur public, nous considérons que leur statut, caractérisé par la subordination, ne leur permet pas toute l’autonomie et l’indépendance requises pour le poste de Président du Conseil national de l’Ordre des architectes.
Comment voyez-vous les choses, démocratiquement parlant ?
Tout d’abord, il faut, abolir le vote par correspondance. Ensuite, il me semble qu’il faut organiser les élections en 3 phases : des élections primaires au niveau régional pour la désignation des candidats aux élections du Conseil national, un 1er tour pour le choix des membres du Conseil national et enfin un 2ème tour à l’échelle nationale (pour les membres élus candidats à des postes au sein du Bureau) pour le choix des membres aux différents postes de responsabilité. Enfin je tiens à préciser que la justice marocaine a prononcé un jugement équitable et juste.◆


