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« La pauvreté est l’essence de nos problèmes »

L’artiste Faycal Samra, originaire d’Arabie Saoudite et vivant entre Paris et Bahrein, expose dans chez nous. Dans « Shanty », il signe un manifeste contre les disparités sociales qui minent le monde et… Casablanca.

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A travers une série photographiques de diptykes, une installation et une vidéo, Faycal Samra s’empare, un fois de plus, d’une thématique houleuse : la pauvreté.

Inconditionnel des installations, de la photographie et des performances artistiques, artiste engagé qui s’active à Paris et dans le monde arabe, connu pour sa stigmatisation de la société de consommation, Faycal Samra s’empare, un fois de plus, d’une thématique houleuse : la pauvreté. A travers une série photographique de diptyques, une installation et une vidéo,  « Shanty », qui siège à la galerie HD jusqu’au 28 avril, il sonde les bidonvilles de Casablanca. Il met le doigt sur une précarité affligeante, et une marginalisation exacerbée. La série photographique est ponctuée d’un ras-le-bol du capitalisme ambiant et l’installation  oppose les démunis aux nantis, à travers un intérieur tapissé de miroirs où se projette la vidéo « Shanty ». Discussion avec un esprit éclairé.

Faycal-Samra« Shanty » signifie bidonville. Pourquoi avez-vous choisi ce thème ?
La pauvreté est l’essence de nos problèmes. C’est là où sévit le terrorisme et la criminalité, même si beaucoup d’artistes et de têtes pensantes sont issus de ces bidonvilles. Ce monde de disparités est intolérable, et je voulais mettre en avant cette problématique, tout en souhaitant qu’on éradique la misère à la racine. Il faut que la solution devienne internationale et que les Nations Unies traitent ce problème de bidonvilles globalement, pas uniquement dans chaque pays. Chaque pays le fait selon ses propres moyens, voilà pourquoi les choses sont mal appréhendées dans certains cas. S’il n’y avait pas eu de pauvreté, si tout le monde était traité de la même manière, le printemps arabe n’aurait pas eu lieu. Si ces gens étaient traités comme des individus et qu’ils étaient bien logés et bien nourris, ils n’auraient pas eu recours à ces révolutions.

Qu’est-ce qui vous a choqué dans l’état de ces bidonvilles ?
C’est le paradoxe frappant entre les bidonvilles et les villas qui les jouxtent, le contraste entre les belles voitures et le monde matériel et, un peu plus bas, la misère. Les bidonvillois sont témoins de ce style de vie ostentatoire. Aucun des deux n’imagine vraiment ce qu’est la vie de l’autre, et chacun vit dans son coin.

Comptez-vous poursuivre votre réflexion sur les bidonvilles ailleurs ?
Oui, prochainement dans les pays arabes, et je commencerai par Beyrouth et le Caire.

Comment en êtes-vous venu à exposer au Maroc ?
J’avais en tête ce projet depuis le début de l’année 2011,et je collabore avec Hicham Daoudi depuis que j’ai participé à « Images affranchies », l’an dernier, à l’invitation dans Marrakech Art fair. Il est également le producteur de la vidéo « Résistance », réalisée à Paris. Nous nous entendons bien et quand j’ai proposé l’idée, il a adhéré au concept. Voilà comment le projet est né.

Des images satiriques ponctuent vos séries photographiques, dont des symboles de la société de consommation et des références aux BD…
A travers ces références métaphoriques, je soulève le volet économique du problème. Si le monde riche s’ouvrait plus à cette problématique, elle ne serait pas aussi exacerbée. Les grandes marques et les multinationales, ou autres forces occultes qui manipulent l’économie, sont incriminées dans ce fléau et en ont bénéficié d’une manière ou d’une autre.

Dans vos précédents travaux, dont Distorted reality, vous avez réalisé des photographies qui stigmatisent le monde médiatique. Est-ce votre thème de prédilection ?
En quelque sorte. J’ai voulu que les gens soient conscients qu’on leur vole leur vie privée, qu’ils deviennent tous semblables et qu’il est impératif de filtrer et de bloquer ces mécanismes médiatiques. A travers une métaphore des personnages qui dominent la scène médiatique, et un personnage qui rappelle un peu Don Quichotte, j’ai tenté de construire un système de défense, et montrer la relation des gens avec ces images, depuis l’invention de la télévision jusqu’à maintenant. Car beaucoup ne voient pas ce problème. Cette relation révèle une déformation de leur champ visuel et un changement immense dans leur attitude, qui influence notre vie sociale et politique.

Et votre relation à la photo ?
C’est un médium qui accompagne la vidéo et sert bien le projet. J’aime bien le dialogue entre les deux, l’image animée et l’image fixe.◆

1 commentaire Pour “« La pauvreté est l’essence de nos problèmes »”

  1. C’est exposition est étonnante, la réalisation d’une baraque de bidoonville en galerie est inédite, c’est une phare sur li’négalité qui éxiste dans notre société.

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