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Abdelatif Afailal : « Les nuitées ont chuté de plus de 35 % »

Signe des temps : la crise bat de plein fouet l’activité touristique de Tétouan, la plus hispano-mauresque des cités marocaines. Qui des Marocains ne connaît voire n’entend pas parler de Cabo Negro, Marina-Smir, Restinga, M’diq, Fnideq… ou encore la ville de Chefchaouen ?.

Tetouan-ville

« La région enregistre encore un manque important d’investissements en matière d’infrastructures et d’établissements touristiques classés », souligne Abdelatif Afailal, président de la Chambre de commerce, d’industrie et de services de Tétouan (en médaillon).

Destination touristique prisée mais aussi passage obligé pour les Marocains résidents à l’étranger, cette région historique du Nord du pays conservant encore son âme andalouse et qui compte chaque année plus de 2 millions de touristes vit aujourd’hui un sale temps. Dans cet entretien avec Abdelatif Afailal, président de la Chambre de commerce, d’industrie et de services de Tétouan, nous nous focaliserons sur l’état de santé de l’activité économique de la ville de Tétouan, signalée par le HCP comme étant parmi les plus chères en terme de coût de la vie.

Comment se porte votre région, touristiquement parlant?
La crise est bien installée, aussi bien les arrivées que les nuitées ont chuté de plus de 35 % aujourd’hui, mais ça reste juste une estimation personnelle, ne disposant pas de chiffres bien précis, la situation pourrait être encore plus grave. Je tiens à souligner le fait que la nature du tourisme qui prévaut dans notre région est un tourisme journalier comptant plus de 2 millions de touristes par an. Comme vous le constatez nous sommes déjà au début de la haute saison et toujours pas de signes favorables. Avec la crise, de plus en plus de touristes louent une seule maison ou un appartement. Je pourrais même vous dire que trois à quatre familles louent une seule maison. C’est surprenant mais c’est la réalité. La baisse du pouvoir d’achat des consommateurs qu’ils soient Marocains ou étrangers les obligent à réduire leurs dépenses de vacances. À cause de la crise aussi, les investissements touristiques des MRE dans la région ont dégringolé de plus de 30 %.

Quid des recettes touristiques?
Elles ne sont pas en reste. Le pire c’est que l’informel s’accapare à lui seul plus de 75 % de parts de marché. La région enregistre encore un manque important d’investissements en matière d’infrastructures et d’établissements touristiques classés. C’est pourquoi j’invite les autorités gouvernementales à réglementer l’informel.

Dans ce contexte de morosité, n’envisagez-vous pas de projets de développement du tourisme interne?
Justement. Nous sommes en train de nous pencher sur tout un plan d’action pour doper le tourisme interne et ne pas nous limiter uniquement sur les deux mois de l’année. D’ailleurs, de grands projets sont dans le pipe allant du tourisme culturel jusqu’au tourisme de montagne (Chefchaouen). Un budget de plus de 350 millions de dirhams a été affecté à la réhabilitation de l’ancienne Médina de Tétouan. Sur la liste figure également le plan d’aménagement de la côte Tétouan-oued laou.

Outre le tourisme, y a t-il d’autres projets en gestation pour redynamiser la région à 60 km de Tanger ?
Notre région vit essentiellement des secteurs du tourisme, du BTP et du commerce. Et pour profiter de la dynamique industrielle que connaît la région du Nord il est prévu d’ériger aussi en priorité la composante industrielle. La Chambre de commerce en partenariat avec L’Agence spéciale Tanger Méditerranée (TMSA) sont en train de finaliser le projet d’une grande zone industrielle s’étalant sur 150 hectares à 10 kilomètres de Tétouan sur la route de Tanger. Le coup de lancement des travaux de la première tranche est prévu pour fin juin 2012. Dans les prochaines semaines sera donné le coup d’envoi de la première tranche de Tétouanshore, première palte-forme industrielle dédiée à l’offshoring dans la région de Tanger-Tétouan. Pour rappel, ce parc de 1 milliard de dirhams s’étend sur une superficie de 20 hectares et compte 100 000 m2 de bureaux. La première tranche verra l’installation de près de 2 000 entreprises.

La chambre a organisé du 07 au 11 juin 2012 la 3e édition du Salon international du bâtiment et de l’immobilier du Maroc (SIBM). Pouvez-vous nous en parler plus ?
D’abord je tiens à signaler que cette édition se démarque des deux précédentes, prenant ainsi une dimension internationale. Entre 35 et 40 exposants y compris deux espagnols et une entreprise française ont répondu présent. Prenant l’initiative d’organiser un tel évènement (1,5 million de dirhams) sachant qu’il ressort des missions du secteur privé, notre objectif est d’apporter une bonne bouffée d’air frais au secteur de l’immobilier, essuyant lui aussi des pertes sèches estimées à 50 % en 2011. Prenant en considération le tour de vis sur les autorisations de construction, nous cherchons donc à offrir aux investisseurs des opportunités d’affaires. d’ailleurs la région enregistre un déficit de 4 000 logements.◆

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