Faut-il armer l’opposition syrienne ?
Face à la répression acharnée que mène le régime syrien à l’encontre de son peuple, des voix s’élèvent au sein de la communauté internationale pour réclamer une intervention étrangère, afin d’aider l’opposition à résister.

L’armée syrienne libre(ASL)manque d’armement pour faire face à la répression du régime. Ci-dessus, des membres de l’ASL à Idlib, située au nord-ouest de la Syrie.
Les nombreuses sanctions économiques prises par la communauté internationale contre le régime syrien ont montré leurs limites. Depuis plus de dix mois, la répression à l’encontre du peuple syrien qui réclame plus de liberté et de dignité n’a pas cessé. Les médiations menées jusque-là ont toutes buté sur l’entêtement du chef d’État Bashar el-Assad de poursuivre le massacre. Et même la mission qu’entamera ce samedi, Kofi Annan, l’ancien secrétaire général de l’ONU, en Syrie, semble déjà vouée à l’échec. Face à cet enlisement de la situation, favorisé par les vétos russe et chinois au Conseil de sécurité, une question préoccupe désormais la communauté internationale. Faut-il armer l’opposition syrienne comme ce fut le cas il y a quelques mois en Libye ?
Divergences
Le Qatar et l’Arabie saoudite soutiennent fortement l’idée. Selon les dirigeants de ces deux pays, armer l’opposition serait la meilleure approche pour mettre fin aux violences. Mais cette approche est de loin la mieux partagée au sein de la communauté internationale, puisque des divergences subsistent. Pour l’Égypte, il n’est pas question de fournir des armes aux déserteurs de l’Armée syrienne libre (ASL), engagés dans des affrontements farouches avec les forces de l’ordre, fidèles au régime. Dans un communiqué publié mercredi, Mohammed Amr, chef de la diplomatie égyptienne a estimé qu’une telle option ne pourra qu’aggraver la situation et engouffrer le pays dans un conflit. Même son de cloche du côté des États-Unis. « Une intervention étrangère en Syrie n’empêcherait pas une guerre civile. Elle précipiterait même les choses », a précisé Hillary Clinton, la secrétaire d’État américaine. Léon Panetta, secrétaire américain à la Défense a été d’ailleurs plus explicite sur le sujet lors de son exposé, mercredi, devant la commission des forces armées du Sénat. Il a notamment souligné la fragmentation de l’opposition compte tenu des divergences d’opinions en son sein. « Si nous fournissons des armes en Syrie, il faut que nous ayons l’assurance qu’elles ne tomberont pas entre les mains du Hezbollah, du Hamas, ou d’Al-Qaïda », a déclaré Leon Panetta. En effet, une intervention étrangère en Syrie risque de transformer ce pays en poudrière dans cette région déjà fragile.
Défection
Le pays deviendrait ainsi un sanctuaire du terrorisme, une menace donc pour les pays voisins et pour la paix dans le monde en général. La Libye, qui peine toujours à se relever, doit servir d’exemple. Sur le terrain, le vice-ministre syrien, Abdo Houssameldine, du pétrole a fait défection, jeudi, pour rejoindre les rangs des contestataires. « J’annonce ma défection du régime, ma démission de mes fonctions et mon retrait du parti Baas. Je rejoins la révolution de ce peuple plein de dignité. Vous avez infligé une année de chagrin et de tristesse à ceux que vous désignez comme votre peuple, lui refusant la vie et l’humanité minimale et conduisant la Syrie au bord du gouffre », a-t-il déclaré dans une vidéo postée sur Youtube. Par ailleurs, une équipe du Croissant-Rouge et la chef humanitaire de l’ONU, Valérie Amos, ont pu se rendre, mercredi, dans le quartier Baba Amr, pilonné pendant plusieurs semaines par l’armée syrienne. Pour sa part, l’émissaire chinois, Li Huaxin, à l’issue de sa mission de deux jours, entamée mardi à Damas où il rencontré les responsables du régime, a demandé au gouvernement syrien de mettre immédiatement fin aux violences et d’aider l’Onu et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) à envoyer de l’aide dans les zones touchées par les combats, a indiqué un communiqué du ministère chinois des Affaires étrangères. ◆












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