|

La France joue la carte humanitaire en Syrie

Le Chef de la diplomatie française Laurent Fabius a entamé hier, une tournée en Jordanie, au Liban et en Turquie. Des visites aux relents humanitaires qui ont pour objectif de dénouer l’écheveau syrien.

Syrie--Laurant-Fabius

Le périple au Moyen-Orient du chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, débutera par une visite au camp Zaatari en Jordanie.

La France qui assure la présidence du Conseil de sécurité durant ce mois d’août compte mettre à profit ce leadership. A partir de mercredi, son ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius va effectuer une visite au Proche-Orient, singulièrement en Jordanie, au Liban, et en Turquie. Il entamera son périple en Jordanie plus précisément au Camp Zaatari où Paris a installé un hôpital de campagne. A défaut de faire fléchir les positions radicales de la Chine et de la Russie, la France cherche donc à changer de fusil d’épaule, en jouant la carte humanitaire. Mais de l’avis de beaucoup de spécialistes, cette politique risque de ne pas prospérer. Selon Radwan Ziadeh, directeur du Damas Center for Human Rights basé à Washington cité par RFI, il faut «s’occuper de l’origine de la maladie et pas des symptômes. L’origine, c’est le régime al-Assad qui est toujours au pouvoir. La communauté internationale doit faire en sorte qu’al-Assad quitte le pouvoir ». Et d’ajouter, « Ne perdons pas notre temps au Conseil de sécurité. La Chine et la Russie sont des alliés du régime al-Assad, ce n’est pas la peine de faire pression sur ces deux pays. La communauté internationale doit agir en dehors du Conseil de sécurité ». La Russie campe toujours sur ses positions. Mercredi, le Chef de la diplomatie moscovite Sergueï Lavrov a appelé les puissances occidentales à ne pas « <saboter » l’accord de Genève proposé en juin qui a défini les principes de la transition politique en Syrie.  «Nous allons demander dans les prochains jours à nos partenaires (occidentaux) une réponse claire, s’ils soutiennent ce qu’ils ont signé à Genève. Si oui, pourquoi ne prennent-ils pas de mesures pour le mettre en  œuvre ? Il faut que tout les acteurs extérieurs fassent pression sur toutes les parties syriennes et arrêtent d’inciter l’opposition à poursuivre la lutte armée », a-t-il déclaré.

Offensive rebelle

Pendant ce temps, les violences font légion dans le front. Mercredi matin, l’Armée Syrienne Libre (ASL) a revendiqué un attentat qui avait ciblé le bâtiment de l’État-major au centre de Damas, non loin de l’hotel où loge la délégation onusienne. «Des recrues faisaient leurs exercices physiques et recevaient leurs instructions, comme chaque jour, jusqu’à 8 heures. Il y a eu une énorme explosion et une boule de feu. Des militaires ont été projetés au sol par le souffle. Deux ont été brûlés, un troisième a été touché par un éclat de fer de la citerne, et deux autres jeunes ont été légèrement atteints », a déclaré un officier à l’AFP. Au total l’explosion aurait occasionné 8 blessés. Selon l’ASL, cette attaque visait une« réunion de militaires dans un bureau de l’état-major général où sont décidées les opérations du jour ». Maher al-Nouaïmi, chef du bureau de coordination du commandement de l’ASL en Syrie apporte plus de précision en affirmant que « 150 personnes, dont 10 officiers qui sont en charge de réprimer les manifestations à Damas  prenaient par à cette rencontre».

Syrie exclue de l’OCI ?

Cette éventualité est plus que probable. Les dirigeants qui s’étaient réunis la nuit du mardi au mercredi en Arabie Saoudite auraient décidé d’exclure Damas de l’Organisation de la Coopération Islamique. La décision n’était pas encore tombée lorsque nous mettions sous presse. Mais si l’on en croit l’Agence France Presse qui affirme détenir une copie du communiqué final de la rencontre, cette suspension serait motivée par l’echec du plan de paix de Kofi Annan mais aussi «l’obstination des autorités syriennes à suivre l’option militaire ». Cette suspension va isoler davantage le régime de Bachar al-Assad de plus en plus affaibli par les défections d’anciens responsables du sérail. D’ailleurs Washington les exhorte à continuer sur cette lancée. Dans un communiqué, David Cohen, sous-secrétaire au Trésor chargé du renseignement financier et de la lutte contre le terrorisme déclare que « Les États-Unis encouragent d’autres responsables civils et militaires au sein du gouvernement syrien à prendre la même décision courageuse et à rejeter le régime du (président) Bachar al-Assad »

Laissez une réponse

En kiosque

Suppléments

Abonnez-vous!

Recevez nos dernières nouvelles directement dans votre boîte de réception. Vous recevrez un email d'activation!