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La menace d’une guerre civile

La Syrie s’enfonce dans les abysses de la violence de jour en jour. Après le massacre d’au moins 108 personnes, à Houla le week-end dernier, par les forces gouvernementales, Kofi Annan doit rencontrer dans la journée le président syrien Bachar al-Assad à Damas.

Kofi-Annan

Kofi Annan doit rencontrer aujourd’hui le chef d’état syrien.

Après le massacre de Houla dans le centre de la Syrie, qui a fait plus de 108 morts dont notamment des enfants, la communauté internationale redoute désormais une guerre civile dans le pays, paralysé depuis quatorze mois. Dans la foulée, le Conseil de sécurité, à l’unanimité, a condamné et adopté dimanche une déclaration à l’issue d’une réunion d’urgence à New York dans laquelle il a dénoncé « une série de bombardements par les tanks et l’artillerie gouvernementale contre un quartier résidentiel ». Le médiateur de l’ONU et de la Ligue arabe pour la Syrie, Kofi Annan, doit rencontrer aujourd’hui le chef d’État syrien, selon un porte-parole du ministère des Affaires étrangères. Kofi Annan est sur place depuis hier où il a, lui-même, constaté les dégâts. Il a rencontré hier, le chef de la diplomatie syrienne, Walid Mouallem, pour des entretiens sur l’exécution de son plan qui a été quotidiennement violé jusque-là.

Damas décline toutes responsabilités

Au lendemain de ce massacre qui a écœuré la communauté internationale dans son ensemble, le régime syrien a indiqué dans un communiqué qu’il réfute toute responsabilité dans cet état de chose.  Jihad Makdissi, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, a décliné toutes responsabilités du gouvernement dans ce massacre « terroriste qui a visé des habitants ». Damas a de même indiqué avoir créé une commission d’enquête conjointe de l’armée et de la justice pour « faire la lumière sur la situation ». La menace de la guerre civile est plus que pesante sur le pays. Les rebelles de l’Armée syrienne libre (ASL) pourraient passer à leur tour à l’offensive si rien n’est fait dans l’immédiat par les Nations Unies. L’ex-chef du Conseil national syrien (CNS) a d’ailleurs appelé, dimanche, le peuple syrien à prendre les armes si l’ONU ne prend pas la situation au sérieux.  « J’appelle le peuple syrien à mener la bataille de la libération et de la dignité en comptant sur ses propres forces, sur les rebelles déployés à travers le pays et sur les brigades de l’Armée syrienne libre », a déclaré Burhan Ghalioun.

Quid des observateurs de l’ONU ?

La mission des observateurs de l’ONU sur le terrain semble inopérante face à la crise qui ne cesse de prendre des allures incontrôlables, dues à la volonté de Bachar al-Assad de se maintenir au pouvoir au prix du sang d’innombrables innocents. « Les observateurs de l’ONU sont de plus en plus souvent accusés de ne pas avoir réussi à faire cesser la violence et dans certains cas, sont même blâmés pour l’augmentation de cette violence », a concédé le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, évoquant une « incompréhension de leur rôle », cité par l’AFP. « Le résultat est que les observateurs sont dans une situation dangereuse, à la fois en ce qui concerne leur capacité à mener des opérations et leur sécurité personnelle », a-t-il précisé. Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme(OSDH), la répression a fait plus de 13 000 morts en quatorze mois.  La même source a indiqué que 87 personnes ont été tuées dimanche dont 34 dans la ville de Hama qui a été la cible d’une offensive des forces gouvernementales. En tout cas de l’avis des experts, il serait temps que l’ONU envisage d’autres solutions en vue de mettre fin à la situation tragique que vit la population syrienne. ◆

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