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La ségrégation des femmes prend de l’ampleur

Pas facile d’être femme dans certaines villes israéliennes. À Jérusalem, la ségrégation des femmes prend des allures inquiétantes.

Le 23 décembre, les israéliennes sont descendues dans les rues de Jérusalem pour dénoncer l’oppression croissante qu’elles subissent de la part des religieux radicaux d’Israël.

Le 23 décembre, les israéliennes sont descendues dans les rues de Jérusalem pour dénoncer l’oppression croissante qu’elles subissent de la part des religieux radicaux d’Israël.

La situation des femmes en Israël est alarmante. La dégradation de leurs conditions de vie prend de l’ampleur et interpelle plus d’un. Dans les transports publics, elles sont contraintes de rester à l’arrière pendant que les hommes sont à l’avant bien séparés par une vitrine dans la plupart des cas. Ce phénomène, souvent observé à Jérusalem, est en train de gagner du terrain et s’étend à tous les secteurs. Les juifs ultra-orthodoxes, qui sont à la base de ces pratiques, ont même réussi à interdire aux publicitaires d’engager des figures féminines, sous prétexte que leur image sur les panneaux publicitaires éveille des « pensées impures ». Pas facile aussi d’être une femme dans l’armée israélienne. Certains soldats religieux refusent catégoriquement de participer à des cérémonies officielles en présence de femmes soldats ou même de les entendre chanter. Des officiers radicaux ont même demandé à ce que des femmes ne soient plus intégrées dans les unités de combat mixtes. En octobre, pendant la période des fêtes juives, une rue du quartier religieux de Mea Shearim à Jérusalem a été séparée en deux: un trottoir pour les hommes et l’autre réservé aux femmes. Ces différentes pratiques engendrent la dégradation des valeurs démocratiques revendiquées par ce pays. De même, elles montrent également le poids croissant des religieux radicaux qui se constituent désormais en lobbying en vue de faire pression sur les instances de décision dans ce pays souvent cité comme modèle de démocratie dans le monde. Israël est passé, entre 2007 et 2011, de la 36e à la 55e position du Global Gender Gap Index, publié par le Forum économique mondial, qui mesure les différentiels hommes-femmes dans 135 pays. L’État hébreu se retrouve dorénavant derrière la Mongolie, le Kirghizistan et la Namibie.

Des ONG montent au créneau

Ces derniers mois, de nombreuses associations de la société civile ainsi que des leaders politiques sont montés au créneau pour dénoncer cette « dérive ». « L’oppression croissante des femmes par les religieux radicaux a des répercussions dans l’ensemble de la société », s’est inquiétée la députée Zehava Gal-On du parti Meretz (gauche). De même, au sein de l’armée, des généraux à la retraite ont uni leurs voix dans une lettre ouverte au chef d’état major pour lui signifier que les « discriminations à l’encontre des femmes sont contraires aux valeurs fondamentales de la société israélienne ». « Ces pratiques sont plus dignes de l’Iran que d’Israël », a déploré la secrétaire d’État américaine, Hillary Clinton, qui s’est dite très préoccupée par cette situation.◆

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