|

la tension monte entre Ankara et Damas

La Turquie et la Syrie sont à couteaux tirés. Ankara menace son voisin de représailles après que ce dernier a abattu un chasseur turc de type F-4 Phantom.

Recep-Tayyip-Erdogan

Le Premier misnistre turc Recep Tayyip Erdogan lors d’une séance au Parlement consacrée à la crise avec la Syrie, hier à Ankara.

À la demande de la Turquie, l’OTAN a tenu une réunion « de crise » hier à Bruxelles après que les forces syriennes ont abattu en fin de semaine dernière, un avion de chasse turc. Déjà très tendues pour cause de répression, les relations entre les deux pays frontaliers s’enveniment depuis. La Syrie justifie son acte par le fait que l’appareil militaire turc avait violé son espace aérien. Mais à Ankara, c’est une autre version. Les autorités turques affirment que le chasseur se trouvait dans un espace aérien international tout en admettant qu’il a, à un moment ou à un autre de son vol, violé le ciel syrien. Ankara reproche surtout à Damas de ne pas avoir donné d’avertissement avant d’abattre le chasseur et accuse son voisin d’avoir commis « un acte hostile au plus haut point ». La réunion a donc débuté, hier, peu après 10H00 (08H00 GMT) et a rassemblé les ambassadeurs des 28 pays membres de l’Otan au siège de l’Alliance atlantique à Bruxelles. Ankara a invoqué l’article 4 du traité de l’Alliance prévoyant que tout État membre peut porter une question à l’attention du Conseil quand il estime que son intégrité territoriale ou sa sécurité est menacée. Toutefois, aucune décision majeure n’est attendue. Le chef de la diplomatie turque a lui-même notifié que l’option militaire ne peut résoudre cette crise.

Pas d’option militaire

Le vice-Premier ministre turc Bülent Arinç a, de son côté, indiqué qu’un « avion de sauvetage en mer turc avait essuyé des tirs syriens alors qu’il menait des recherches pour retrouver les pilotes du chasseur de type F-4 Phantom abattu vendredi. Cependant, même si l’option militaire n’est pas d’actualité, Ankara envisage d’autres mesures en guise de représailles». Le vice-Premier ministre a notamment menacé d’interrompre les exportations d’électricité de la Turquie vers la Syrie même si cela pourrait affecter la population civile déjà secouée par une violente répression qui dure depuis 15 mois. Force est de souligner que la Turquie a déjà accueilli sur son territoire plus de 30 000 réfugiés syriens fuyant les violences depuis le début de la répression. La secrétaire d’État américaine, Hillary Clinton, a déclaré que les États-Unis vont travailler de concert avec la Turquie quant à une réaction appropriée. La chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, s’est dite « très préoccupée » par l’incident, mais souhaite  que la Turquie soit « modérée » dans sa réponse à la Syrie où les combats entre les rebelles et la garde présidentielle faisaient rage hier dans la capitale. « De violents combats ont eu lieu autour des positions de la Garde républicaine à Qadsaya et al-Hama, à huit km de la place des Ommeyyades qui se trouve au coeur de Damas », a signalé à l’AFP le président de l’OSDH, Rami Abdel Rahmane. « Les combats s’étaient intensifiés ces dernières semaines près de la capitale, mais ceux de mardi sont les plus violents dans cette zone », a-t-i ajouté.

La Russie pour une transition civilisée

Par ailleurs, lors de sa visite officielle en Israël, le président russe Vladimir Poutine, fidèle allié de Bachar al-Assad, a plaidé pour une « transition civilisée vers la démocratie dans les pays touchés par le Printemps arabe », mettant en garde contre toute ingérence en Syrie. « Depuis le début du Printemps arabe, la Russie s’efforce de convaincre ses partenaires que les changements démocratiques devraient se dérouler de manière civilisée », a déclaré le chef d’État russe lors de cette première tournée au Proche-Orient depuis son arrivée au pouvoir. Lors d’un dîner d’État, le président israélien Shimon Pérès a présenté à son homologue russe une proposition selon laquelle « la Syrie serait, pendant deux ans, placée sous un mandat de la Ligue arabe avec le soutien des Nations unies jusqu’à ce que des élections démocratiques puissent être organisées dans ce pays », selon un communiqué du bureau de la présidence de l’État hébreu. ◆

Laissez une réponse

En kiosque

Suppléments

Abonnez-vous!

Recevez nos dernières nouvelles directement dans votre boîte de réception. Vous recevrez un email d'activation!