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Le pari risqué des Palestiniens

C’est le jour J pour les Palestiniens. Le Conseil de sécurité des Nations Unies se prononce aujourd’hui sur la demande d’admission de la Palestine à l’ONU.

Mahmoud Abbas, lors de son allocution devant les membres de l’Assemblée générale des Nations Unies,  le 23 septembre dernier.

Mahmoud Abbas, lors de son allocution devant les membres de l’Assemblée générale des Nations Unies, le 23 septembre dernier.

Cela s’annonce mal pour les Palestiniens. Alors que le comité du Conseil de sécurité des Nations Unies doit trancher aujourd’hui sur la demande d’admission de la Palestine à l’ONU, l’Autorité palestinienne se prépare à un échec. Et pour cause, la candidature présentée le 23 septembre dernier semble ne pas avoir recueilli un nombre de soutiens suffisant pour être acceptée. C’est en tout cas ce qu’indique un projet de rapport du Comité des admissions. « En résumant le débat de la 110e réunion du Comité des admissions de nouveaux membres, le président (du Conseil de sécurité) a déclaré que le Comité était incapable d’émettre une recommandation unanime au Conseil de sécurité », souligne le texte.

Sans surprise, les pays se sont divisés sur la demande. Le projet de rapport ne précise pas quels sont les pays qui ont soutenu la candidature palestinienne ni ceux qui s’y sont opposés. Mais, avec l’opposition ferme des Etats-Unis et l’abstention annoncée de la France, de la Grande-Bretagne et de la Colombie, les Palestiniens risquent fort de ne pas obtenir les neuf voix sur les quinze nécessaires. Par conséquent, pas de recommandation positive du Conseil de sécurité à l’horizon.

L’Autorité palestinienne se prépare à cette décision, mais ne renonce pas pour autant. « L’opinion du comité ne nous prive pas de notre droit à aller au Conseil de sécurité des Nations Unies, mais nous ne prendrons aucune décision avant la publication du rapport le 11 novembre », a déclaré le négociateur palestinien Saëb Erakat à l’AFP, avant d’ajouter : « Nous allons l’étudier en concertation avec le Liban, membre du Conseil de sécurité et les pays arabes, et en discuteronts avec la direction palestinienne pour décider de la prochaine étape ». En allant à l’ONU, l’Autorité palestinienne savait qu’elle risquait de se heurter à un refus. Mais ce qu’elle peut gagner en revanche, c’est un renforcement de son statut au sein des Nations Unies, par un vote de l’Assemblée générale. Les Palestiniens pourraient ainsi envisager d’obtenir le statut d’Etat non-membre, comme le Vatican, ce qui leur donnerait accès à plusieurs services des Nations Unies, dont la Cour internationale de justice.◆

Les positions des 15 pays

Le Brésil, la Chine, l’Inde, le Liban, la Russie et l’Afrique du Sud ont publiquement annoncé leur soutien à la candidature palestinienne. Bien qu’ils n’aient pas déclaré officiellement leur soutien, le Nigeria et le Gabon devraient apporter leur soutien également. Quant à l’Allemagne, elle n’a pas encore annoncé sa position, mais elle devrait soit voter contre, soit s’abstenir. De même, la France, la Grande-Bretagne, la Colombie, le Portugal et la Bosnie devraient également s’abstenir.

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