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L’Iran propose des observateurs en Syrie

L’Iran a proposé, lundi au Caire, des observateurs pour surveiller le conflit syrien qui a fait 27 000 morts en 18 mois.

Les-ministres-turc

Le ministre turc des Affaires étrangères Ahmet Davutoglu et ses homologues égyptien et iranien lors de la réunion du Caire lundi

Lors d’une réunion lundi soir au Caire du groupe de contact quadripartite sur la Syrie (Iran, Egypte, Turquie et Arabie saoudite), Téhéran a proposé l’envoi d’observateurs des quatre pays, malgré l’échec des missions similaires sous l’égide de la Ligue arabe cet hiver puis de l’ONU. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Ali Akbar Salehi, a appelé à un arrêt simultané des violences par les parties en présence, à un règlement pacifique sans intervention étrangère et à un arrêt de l’aide financière et militaire à l’opposition syrienne, selon l’agence Irna. Son ministère a parallèlement démenti l’envoi en Syrie de Gardiens de la révolution (Pasdaran), la force d’élite du régime iranien, au lendemain des déclarations du commandant en chef des Pasdaran, qui avait évoqué une mission de conseil en Syrie et au Liban voisin. Beyrouth a d’ailleurs réclamé lundi officiellement des explications de l’Iran après cette annonce. Après avoir participé à la réunion du Caire, Lakhdar Brahimi, l’émissaire de l’ONU et de la Ligue arabe pour la Syrie, s’est rendu hier en Turquie pour visiter un camp de réfugiés proche de la frontière syrienne, selon un responsable du ministère turc des Affaires étrangères. Lakhdar Brahimi vient d’achever une visite de quatre jours à Damas, au cours de laquelle il s’est entretenu avec le président Bachar al-Assad et avec des chefs de la rébellion, mais l’opposition a déjà estimé que la poursuite des violences et le blocage au Conseil de sécurité de l’ONU vouaient sa mission à l’échec.

Affrontements

Sur le terrain, des affrontements ont éclaté à Boustane al-Kasr et à Izaa, dans le sud-ouest d’Alep, et l’armée a bombardé les deux quartiers, ont annoncé des habitants à l’AFP, en signalant aussi des combats plus au sud, à Soukkari, où sont également retranchés des rebelles. Deux civils ont péri dans un bombardement du quartier Sakhour (est), et dans la région, deux civils dont une femme ont été tués et plusieurs autres blessés dans les bombardements des localités d’al-Bab et de Sfira, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH). Lundi, les violences avaient fait au moins 137 morts (72 civils, 41 soldats et 24 rebelles) à travers le pays, selon le bilan quotidien de l’OSDH, qui s’appuie sur un vaste réseau de militants. Au total, les violences ont fait plus de 27000 morts en 18 mois d’une révolte qui s’est militarisée face à la répression, selon l’OSDH. Cependant, le régime a affirmé que ses troupes contrôlaient le quartier stratégique de Midane, dans le centre d’Alep, après une semaine de combats acharnés. Sur place, l’armée conseille toutefois aux habitants d’éviter une partie du quartier, prévenant que des tireurs embusqués pourraient y être retranchés. Près de cette zone, un correspondant de l’AFP a vu lundi une dizaine de corps de rebelles gisant au sol.

 « Purification »

Le président de l’OSDH, Rami Abdel Rahmane, a rappelé que la situation à Alep, théâtre depuis près de deux mois d’une bataille cruciale entre armée et rebelles, était très mouvante. « Quand l’armée dit contrôler un secteur, ce n’est que temporaire. Ils prennent des quartiers puis il y a de nouveaux affrontements avec la guérilla, ce n’est pas un véritable progrès », a-t-il expliqué. « La vraie supériorité du régime, c’est son armée de l’air , capable de faire planer une menace permanente partout dans le pays », a-t-il rappelé. De son côté, le quotidien al-Watan, proche du pouvoir, a annoncé que  « Midane avait été purifié », précisant que la majorité des hommes armés qui y combattaient étaient des salafistes arabes et étrangers. « Purifier Midane ouvrira la porte au nettoyage d’autres quartiers rebelles », a écrit le journal. Il faut souligner que le président de la commission d’enquête sur la Syrie, Paulo Pinheiro, a révélé que les violations flagrantes des droits de l’Homme augmentaient en nombre, rythme et intensité dans ce conflit qui a déjà coûté la vie à 27000 personnes en 18 mois, selon l’OSDH.

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