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Un nouveau plan pour sauver la Grèce

Après des discussions qui ont duré près de treize heures dans la nuit du lundi à mardi, l’Eurogroupe a finalement décidé d’accorder 237 milliards d’euros d’aide à la Grèce en vue de lui éviter la faillite.

Christine Lagarde, DG du FMI, Jean Claude Junker, président de l’Eurogroupe et Olli Rehn, commissaires européens aux Affaires économiques, lors de la réunion de l’Eurogroupe le 21 février à Bruxelles.

Christine Lagarde, DG du FMI, Jean Claude Junker, président de l’Eurogroupe et Olli Rehn, commissaires européens aux Affaires économiques, lors de la réunion de l’Eurogroupe le 21 février à Bruxelles.

Une semaine après l’adoption d’un nouveau plan d’austérité réclamé notamment par l’Allemagne, les pays de l’Eurogroupe se sont accordés, après près de treize heures de négociation, pour verser une nouvelle tranche d’aide à la Grèce. « Nous sommes parvenus à un accord d’ampleur sur un nouveau programme pour la Grèce et sur une participation du secteur privé qui conduira à une réduction significative de la dette grecque afin d’assurer le futur de la Grèce au sein de la zone euro », a développé Jean Claude Junker, le chef de file des ministres européens des Finances à l’issue des tractations. Ce nouveau versement d’un montant de 237 milliards d’euros va permettre aux dirigeants grecs de redresser la situation économique du pays. « C’est une chance réelle de prendre un nouveau départ et un pas essentiel pour la Grèce et la zone euro  », a évoqué Olli Rehn, le commissaire européen aux Affaires économiques, cité par l’Agence France Presse. Cette nouvelle mesure se traduira dans un premier temps par un volet d’aide publique qui comprendra des prêts à hauteur de 130 milliards d’euros d’ici 2014. Le second volet concerne l’effacement de la dette grecque détenue par le secteur privé (banques, fonds d’investissement et autres), qui a accepté une perte de 53,5 %.

La Grèce sous surveillance

Le but de cet accord est d’éviter la faillite de la Grèce. Un défaut de paiement du pays, déjà en pleine récession, aura un impact significatif sur toute la zone euro. Les dirigeants qui ont dû adopter ce nouveau plan d’austérité malgré les manifestations de colère de la population se sont dits satisfaits de cette nouvelle mesure et se sont d’ailleurs engagés par écrit à respecter toutes leurs promesses. Ledit nouveau plan d’austérité prévoit notamment une réduction du salaire minimum et une limitation des retraites en vue de faire 3,3 milliards d’économie sur cette année. Une décision qui a vraisemblablement convaincu la zone euro. Cependant, le nouveau plan de sauvetage n’a pour autant redonné le moral aux places boursières européennes, qui ont ouvert en légère baisse mardi. Le Dax à Francfort a perdu 0,36 % dans la matinée tandis que le FTSE à Londres reculait de 0,32 %. La Bourse de Paris a, quant à elle, ouvert en équilibre dans la matinée d’hier avec le CAC 40 à 0,05 %. La Grèce devrait, à présent, être en mesure de procéder à une échéance de remboursement prévue le 20 mars en vue d’éviter le défaut de paiement. Cet accord vise également à réduire la dette grecque à 120 % de son  PIB d’ici 2020.

Doutes

En contrepartie, le pays fera objet d’une surveillance accrue de la part de ses pairs européens. « Ce plan de sauvetage se fonde sur une stricte conditionnalité. Il prévoit de renforcer la surveillance de la Grèce et d’imposer une présence permanente de la mission de la Commission européenne sur place afin de l’aider à moderniser son appareil d’État », a précisé Olli Rehn. Pour maintenir leur objectif de ramener le ratio de la dette publique grecque à 120 % de son PIB, sans augmenter les prêts des gouvernements qui refusaient de remettre la main à la poche, les ministres des finances de la zone euro ont dû opter pour d’autres solutions. L’aide publique comme l’effort des banques privées créancières ont été augmentés. L’opération a été délicate, car l’effort des banques doit rester volontaire, sous peine de déboucher sur un défaut de paiement pur et simple de la Grèce. Ce plan d’effacement de la dette devrait entrer en vigueur dès aujourd’hui pour éviter à Athènes de plonger dans la faillite d’ici à l’échéance du 20 mars. Mais de l’avais de plusieurs observateurs, cet accord est loin de redresser la pente, car il ne faut pas s’attendre à une solution miracle. Beaucoup d’effort reste encore à fournir par le peuple grec qui devra encore se serrer la ceinture. ◆

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