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El Otmani retourne à Alger

Saad Dine El Otmani s’est envolé, dimanche pour Alger. Le Chef de la diplomatie marocaine a pris part à la réunion des ministres des Affaires étrangères des pays de l’Union du Maghreb arabe (UMA).

El-Otmani

Les ministres des Affaires étrangères des pays de l’UMA lors d’une réunion le 18 février 2012 à Rabat.

C’est la seconde fois en six mois que le ministre des Affaires étrangères marocain foule les terres algériennes, depuis sa dernière visite qualifiée d’historique, en février dernier, lors de laquelle il avait rencontré son homologue Mourad Medelci ainsi que le Président algérien Abdelaziz Bouteflika. À son arrivée dimanche, El Otmani a été accueilli sur le tarmac de l’aéroport Houari Boumediene par le Chef de la diplomatie algérienne Mourad Medelci et l’ambassadeur du Maroc à Alger, Abdelilah Belkziz.  La réunion intervient conformément à une précédente décision du Conseil des ministres des Affaires étrangères, tenue à Rabat le 18 février dernier. Elle verra la participation, outre des Chefs de la diplomatie marocain, algérien, tunisien, libyen et mauritanien, de celle du secrétaire général de l’UMA Habib Benyahiya. Selon le ministre délégué algérien chargé des Affaires maghrébines et africaines, Abdelkader Messahel, les travaux de cette réunion « porteront sur l’examen des menaces à la sécurité du Maghreb, leur évaluation et la définition des grands axes de coopération dans ce domaine ».

Une Algérie isolée ?

La réunion d’Alger n’a rien d’extraordinaire, sauf que les récentes sorties du président tunisien Moncef Marzouki, ainsi que l’accord de principe qui’il’a reçu auprès des dirigeants maghrébins, veulent qu’un haut sommet entre les Chefs d’Etat du Maghreb est d’ores et déjà inscrit dans l’agenda de l’UMA. Ceci donne évidemment de l’importance à la rencontre d’Alger. Servira-t-elle de cadre préparatif au Haut sommet maghrébin prévu à Tabarka, en Tunisie ? Certainement, mais avant, priorité est donnée au sécuritaire, à l’heure où le Mali est divisé, et la Libye baigne dans le désordre institutionnel. « La réunion du Conseil portera essentiellement sur la situation aux plans international, arabe et africain et ses répercussions sur l’espace maghrébin », a déclaré le Secrétaire général de l’UMA, ajoutant que « les défis actuels sont transfrontaliers et ne se limitent pas uniquement à la région ».  Ceci-dit, c’est bien la première fois que la menace terroriste est discutée au sein de l’UMA. Habituellement, l’Algérie évite soigneusement d’inviter le Maroc lorsqu’il s’agit de discuter des moyens de combattre la menace terroriste au Maghreb et dans le Sahel. Cette rencontre est bien inédite. Même constat de la part du quotidien algérien « Liberté », pour qui cette rencontre a également été qualifiée d’ « inédite », mais pas tout a fait pour les mêmes rasions. Selon le quotidien algérois, la réunion du Conseil des ministres des Affaires étrangères maghrébins est « inédite pour plusieurs raisons ». La principale d’entre elle est qu’elle se déroule au lendemain du « Printemps arabe », a relevé le journal pour qui l’Algérie, « sera la seule à avoir résisté à ce vent de changement ». Le journal craint même que l’Algérie soit isolée par le fait que les pays qui l’entourent soient gouvernés par des exécutifs islamistes. « Elle risque d’être isolée, sinon affaiblie au milieu de cette nouvelle alliance islamiste qui la cerne de toutes parts », pouvait-on lire sur l’article paru dimanche.

Mali : le véritable enjeux ?

L’Algérie, isolée ou pas, l’enjeu est ailleurs. Au sud de ce pays se trouve un pays confronté à l’anarchie la plus dévastatrice depuis plusieurs mois déjà. Al Qaïda y a trouvé refuge et un émirat islamiste contrôlant un territoire 4 fois plus grand que la Tunisie compte sérieusement y instaurer un nouvel Afghanistan. Les protagonistes de la réunion qui a eu lieu hier en ont certainement discuté. Mais ces discussions risquent fort de ne pas se transformer en une véritable stratégie commune de lutte contre le terrorisme. L’on voit mal Alger et Rabat se concerter militairement, en joignant leurs deux appareils de renseignements, afin de lutter conjointement contre la menace terroriste. Ces questions sont généralement traitées ailleurs, sachant que la gestion sécuritaire en Algérie est le domaine réservé de la puissante institution militaire, qui n’a certainement pas l’intention de collaborer avec qui que ce soit. ◆

Alger se méfie de Tunis

Alors que l’Algérie abrite ce rendez-vous, elle devra faire avec un gouvernement tunisien à qui elle ne fait pas véritablement confiance, comme le relève « Liberté », pour qui les nouvelles autorités n’inspirent pas confiance compte tenu du caractère provisoire de leur mandat. « Cette situation pose problème pour Alger qui ne voudrait surtout pas s’immiscer dans les affaires internes de la Tunisie, mais qui aimerait bien savoir qui du président ou du Premier ministre tunisiens prendre au sérieux. », relève l’article.

1 commentaire Pour “El Otmani retourne à Alger”

  1. Tout d’abord il n’y a que ‘l’Union du Maghreb/Tamazgha’.
    Comme l’Angleterre, l’Algérie ne mérite pas d’être incluse dans l’Union du Maghreb Tamazgha. Son cas ne diffère guère du conflit historique de la France et de l’Angleterre et que cette dernière n’a jamais su trouver sa place an sein de l’Europe, car son cœur est toujours outre-Atlantique, comme le cœur du gouvernement algérien qui est tourmenté entre ce que représente ses dirigeants ‘dits’ de l’armée française, et les idéologues qui restent figés sur un système déjà disparu de la scène politique de la Russie actuelle, mais reste ‘un Raoul Castro’, où la misère et l’entêtement accentuent la pauvreté dans un pays nanti et où les algériennes souffrent en masse contrairement à la prospérité dont jouissent ses dirigeants.
    En ce qui concerne l’Afrique ou le Mali en particulier, l’Algérie ne peut faire le jeu, car sa politique est compromise sur plusieurs volets. Elle ne peut, d’une part, supporter la scission car cela sera dangereux pour l’unité précoce de l’Algérie et les Touaregs algériens et en même temps, la question se pose comment l’Algérie supporterait-elle le Polisario et non les Touaregs. C’est le dilemme des algériens et leur politique ambigüe depuis toujours, car le gouvernement algérien a de tous les temps manqué de légitimité au sein de son peuple-même.
    Il est du devoir du Maroc de porter main forte à ses amis d’Afrique, en particulier le Mali. Le Maroc a toujours montré son attachement à l’Afrique dont il forme la racine de son état d’âme. Le Maroc reste, avant tout, Africain et Amazigh et ensemble, avec la Tunisie, la Libye et la Mauritanie, formeront le même destin.
    C’est la sagesse du peuple marocain qui rend cette amitié entre les pays frères, une des gages de ses gouvernements depuis toujours, mais doit se renforcer dans la réalité. Si intervention et aide militaire sont sollicités, le Maroc doit répondre positivement contre toute dérive extrémiste et séparatiste dans la région.

    Dr Ben Kirat

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