Le roi est de retour, les activités reprennent…
Les activités royales ponctuent et rythment la vie nationale, à tous les plans. C’est un euphémisme que de le dire ! Et plus qu’une évidence.
Or, voilà que depuis un mois, et jusqu’à lundi dernier, l’absence du roi a été sourdement ressentie comme un « manque », une sorte de nostalgie, pour ne pas susciter les commentaires habituels et inciter hommes politiques et opérateurs de la vie économique ou, tout simplement, une partie de l’opinion à la réflexion qu’en fin de compte, c’est le roi qui impulse la vie nationale. Et quand il n’est pas, « rien ne marche ». L’invocation devient synonyme de plainte prédicative. « Ces grèves, ces débrayages », ces désordres ne s’arrêtent-ils pas ? Normal, le roi est absent…s’entend-on répéter. L’apparition, lundi dernier, sur les écrans des télévisions du souverain recevant au Palais royal de Rabat le président du Conseil de la Choura d’Arabie Saoudite, Dr Abdallah bin Mohammad bin Ibrahim Al-Cheikh, en visite de travail au Maroc, a mis fin au suspens. Celui-là même qui a entouré une visite privée à l’étranger prolongée et qui a duré un mois. Et qui ne s’est interrompue publiquement que par l’impromptue et significative séance de travail que le roi Mohammed VI a eue avec le président français, François Hollande, au Palais de l’Élysée.
Un rythme royal…
Le pays a vécu ces derniers mois une série d’événements majeurs, dont le moins que l’on puisse dire est qu’ils ont imposé aux hommes politiques, aux opérateurs économiques, à la société civile un effort d’adaptation considérable. Peut-être devrait-on souligner qu’entre l’année 2010 et 2011, le pays a vécu à un « rythme d’enfer », il a connu les moments les plus intenses en matière de projets et de réformes, le roi ayant imprimé une cadence et mis en œuvre les institutions nouvelles. La classe politique, dans sa grande diversité, les opérateurs économiques, les représentants des ONG, tous ceux qui forment le cercle de l’exécution et le vis-à-vis du pouvoir monarchique sont dans une attente sans fin des initiatives du roi mais aussi du « modus operandi ». Elles font leur vie, les stimulent , leur donnent l’espoir d’une continuité. En témoigne la méthodologie choisie par lui, institutionnalisée désormais dès lors qu’il lance un projet national qui engage la vie du pays. Proposant, disposant également, il met immédiatement en place le mécanisme et l’instrument, qui est celui de la Commission « ad hoc », relais s’il en est pour la finalisation et preuve également du débat démocratique. Le projet de la Région élargie, lancé en janvier 2009, celui de la nouvelle Constitution en mars 2011, celui de la Justice en avril dernier ont tous été accompagnés, confortés par la création de la commission idoine, composée de compétences, diversifiée pour l’efficacité de la représentativité et qui rend compte au souverain. Il n’y a jamais de rupture ni de changement dans la procédure. Des projets d’infrastructures aux changements institutionnels, des inaugurations qui se succèdent à un rythme parfois accéléré, le roi consulte, détermine la règle et supervise. Il anime la vie du pays, la scène politique et économique, donne son sens profond à la proximité, qu’il a d’ailleurs inventée dans l’un de ses tout premiers discours, en octobre 2000 à Casablanca, sur le concept de l’autorité devenue une profession de foi. A sa présence sur les fronts divers – dont celui du social notamment – , le roi a habitué un Maroc qui ne se résout plus à en être privé. Et qui, du vivant de son père, était plutôt dans l’attente. D’où cette propension, devenue exigence, que seul le roi aujourd’hui est capable de proposer et d’imposer, d’assurer également la mise en œuvre des grands chantiers, comme si la marche collective – et ce n’est pas moins vrai – devait être suspendue à cette exigence suprême qu’il incarne.
Travailleur acharné
Mohammed VI travaille ! Un tel propos devient une quasi litanie, et incarne une image populaire, notamment au sein du peuple et chez les petites gens. Il n’est pas rare d’entendre une telle parole de la bouche d’un chauffeur de taxi ou de commerçants. Il est deux ou trois moments à forte et symbolique charge qui rythment généralement la vie nationale , et c’est le roi qui en est le principal acteur : le discours du Trône, du 30 juillet, une adresse à la nation rédigée sur plusieurs feuillets et donc longue dans sa lecture ; celui de l’ouverture de la première session parlementaire et, enfin, l’annonce régulière de grands événements. Or, la particularité dans cette vision, introduite dès juillet 1999, restera d’une part la ponctualité des rendez-vous avec son peuple, autrement dit l’heure de l’allocution royale, et d’autre part la pédagogie et la longueur écourtée expressément. C’est peu dire que là aussi, un changement radical a été introduit, à la surprise et à la convenance d’une époque pressée. Le Roi est là, l’élan reprend. Mais à quand un sursaut d’orgueil de nos décideurs ? ◆












