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Les chômeurs veulent saisir la justice

Le groupe des fonctionnaires du ministère de l’Éducation nationale licenciés compte porter son affaire devant la justice. Après avoir adressé une lettre au ministre revendiquant la réintégration, ils désespèrent du silence.

chomeurs

Les fonctionnaires limogés comptent saisir la justice pour faire valoir leur droit à la réintégration.

Ils se disent lésés, privés de leur droit au travail. Ce ne sont pas des chômeurs comme les autres, ceux-ci ont bien été intégrés à la fonction publique et plus précisément au secteur de l’Éducation nationale avant d’en être renvoyés il y a quelques semaines seulement. « Nous nous sommes retrouvés dans la rue alors que nous avions déjà entamé notre activité parce que nos diplômes ne sont pas anciens », confie une des victimes, Khalid Lahrach. Et d’expliquer que le ministère a décidé d’exclure les titulaires de diplômes obtenus en 2011 alors qu’ils avaient signé un contrat et obtenu une décision de titularisation, il y a de cela près d’une année.

À l’origine du problème

« Après avoir manifesté dans les rues de Rabat, nous avons été 1 473 chômeurs diplômés à intégrer l’Éducation nationale. Nous avions été reçus par une commission dont le but a été de nous placer à des postes correspondant à nos diplômes », précise ce jeune. Ce groupe comprenant des diplômés de 2010 et de 2011 a obtenu gain de cause et chacun d’eux a été intégré selon son profil. « Au mois de septembre dernier, nous avons donc entamé notre activité après avoir signé un contrat avec les académies et par le biais duquel nous étions contractuels de mars 2011 à fin décembre de la même année. Après la fin de cette période nous devions, selon les engagements du ministère, être titularisés officiellement », raconte Khalid. Bien plus, ces jeunes ont même reçu les décisions académiques de nomination durant la période au cours de laquelle ils exerçaient sous contrat. « Pour nous, c’était la fin du calvaire, des manifestations et des grèves. Nous allions enfin devenir fonctionnaires de l’État. Mais le cauchemar, aujourd’hui, est de retour », regrette ce jeune. Cette titularisation n’a été que « mirage » pour certains, plus précisément, 43 personnes du groupe dont Khalid Lahrach fait partie. « Notre problème, c’est que le nouveau ministre n’a pas accepté l’intégration des diplômés de 2011. Il est allé jusqu’à publier une circulaire à ce propos indiquant que la titularisation ne concerne que les plus anciens », s’indigne-t-il. Après avoir bercé leur rêve et commencé à projeter leur avenir, les revoilà de retour à la case zéro. Selon ce groupe, même le paiement des salaires n’a pas été total et n’a bénéficié qu’à certains notamment les diplômés de 2010 et ceux de 2011 ayant travaillé pour les académies relevant de Agadir, Laâyoune, Guelmim et Dakhla.

Direction le tribunal administratif

Ces fonctionnaires licenciés et jamais payés n’ont plus qu’à reprendre leurs manifestations dans les rues. Ils se réunissent trois fois par semaine devant les locaux du ministère pour crier leur colère et revendiquer le maintien des engagements qu’on leur a fait. « Pourquoi doit-on payer la transition politique alors que nous avons une décision nous donnant le droit de travailler et d’être payés en tant que fonctionnaire de l’Éducation nationale ?», se demandent-t-ils annonçant leur conviction que l’unique recours pour eux sera désormais la justice.  Ce groupe a déjà fait appel à un avocat de renommée au barreau de Rabat pour préparer un dossier et déposer une plainte au tribunal administratif. Une décision ultime face à laquelle ils disent ne plus avoir le choix si le ministre actuel persiste à ne pas donner suite à leur lettre. « Nous lui avons décrit, dans une lettre, toute l’injustice dont nous sommes victimes par ce licenciement abusif. Nous attendrons encore un mois avant de nous tourner définitivement vers le tribunal », confie cette victime avec amertume. Et de préciser que trois rencontres ont eu lieu avec le nouveau ministre sans succès. ◆

Le spectre du chômage

C’est le cauchemar des Marocains de 18 à 44 ans. Ils sont 78 % à craindre le chômage pour leur avenir, selon la dernière enquête du Haut commissariat au plan (HCP). Dans celle-ci, le spectre du chômage suscite d’autres préoccupations, en somme logiques, dont la cherté de la vie qui représente le souci de 84 % des jeunes ainsi que la baisse des ressources dans 78 % des cas. Le HCP souligne, par le biais de cette étude, que 67 % de ces jeunes estiment que « l’évolution du niveau de vie s’accompagne d’une augmentation des inégalités sociales ». Les principaux facteurs d’ascension sociale restent, pour 76 %, le niveau d’études et, pour 54 %, l’appartenance sociale. Aux yeux d’Ahmed Lahlimi, le Haut commissaire au plan, « Ces chiffres montrent que le Maroc doit s’intéresser davantage à ses jeunes, à travers des projets clairs pour des horizons clairs ». L’écrasante majorité, soit 96 %, estime que sa priorité est l’emploi, suivie de l’éducation (83 %), du logement (81 %) et de la santé (76 %).

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