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Les familles des détenus observent un sit-in

La coordination des familles du reste des détenus politiques dans l’affaire Bellirej observe, ce mercredi à Rabat, un sit-in. Objectif : suspendre l’isolement des détenus et autoriser les visites de leurs familles.

Laâbadla Mae El Aïnaine, ancien détenu dans l’affaire Bellirej.

Le C’est aujourd’hui à 18h que les familles des détenus politiques dans le cadre de l’affaire Bellirej observent un sit-in devant le siège du Parlement. Décrété par la coordination de ces familles, ce mouvement de protestation, qui ne devrait durer que 30 minutes, se veut être un appel au secours. « Nous voulons dénoncer et appeler à la suspension de la punition collective dont les détenus font l’objet en ce moment », déclare au Soir échos la coordinatrice nationale, Samira Erramach.
Les épouses et les enfants de ces détenus, une vingtaine, sont restés sans nouvelles depuis le 18 mai dernier. Suite à la mutinerie survenue dans le pénitencier de Salé, ces détenus ont été transférés à la prison de « Toulal 2 » à Meknès.

« Nous ne sommes pas des salafistes »

« Ils n’ont pas participé, d’une manière ou d’une autre, à ces actes de violences et pourtant, ils ont subi le même sort que les réels instigateurs. Les responsables ont prétexté que ce transfert n’était, en fait, qu’une procédure temporaire parce que la prison de Salé a subi de gros dégâts », explique la coordination des familles. Et de souligner sa surprise de constater que les leurs n’ont pas été épargnés du châtiment imposé aux détenus de la Salafia Jihadia. « Ils ont été privés des visites de leurs familles pour une durée de 45 jours sans aucun motif. Leurs enfants souffrent terriblement de n’avoir même pas l’autorisation de voir leur père ne serait-ce qu’une heure par semaine», s’indigne la coordination dans une plainte adressée au délégué général de l’administration pénitentiaire.
Plusieurs autres responsables, dont le Premier ministre et le ministre de la Justice, ont été saisis par le même biais. «Nous avons également soumis notre plainte aux groupes parlementaires dont quelques uns ont soulevé notre problème, mais sans suite. Nous avons frappé à toutes les portes et nous attendons toujours des échos », confie, indignée, Samira Erramach.
Selon l’avocat des familles, Me Abdelmalek Zaazaa, qui est également vice-président du Forum Karama pour les droits de l’Homme, les détenus ont subi des actes de torture et de pressions pour les dissuader de poursuivre leur grève de la faim.
Dans un communiqué, cet avocat, qui a rendu visite aux détenus les 2 et 9 juin, décrit une souffrance effroyable : « Leur santé physique et morale laisse à désirer, ils n’ont aucun accès aux services d’hygiène (…) Ils n’ont droit qu’à un seul savon tous les 15 jours », indique Me Abdelmalek Zaazaa. Et de préciser que plusieurs ont été privés de soins et de médicaments mettant ainsi leur vie en danger. Pour cet avocat, « Il est inconcevable que dans le cadre du même dossier politique, certains soient libérés et pas d’autres. Ce cas n’est ni logique, ni légal!».◆

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