Agriculture : l’État, principal pourvoyeur de fonds
Deux contrats-programmes et un projet d’agrégation font partie des nombreuses conventions signées lors de la 5e journée des assises de l’Agriculture, tenue mardi dernier à Meknès. Le tout engage l’Etat à mobiliser 280 millions DH sur 9,2 milliards DH consacrés à l’année en cours.

« La période 2013-2015 dispose d’un budget de 35 milliards DH, touts types de financement confondus », a affirmé Majid Yacoubi, directeur financier au ministère de l’Agriculture, lors d’une table ronde sur le thème du développement durable.
La 5e journée des assises de l’agriculture, tenue à la veille de la 7e édition du Salon international de l’agriculture au Maroc (SIAM), a certes dressé l’état des lieux du secteur, mais elle a également été l’occasion pour l’État et des structures et entreprises marocaines de nouer de nouveaux partenariats. Cela a notamment été le cas pour l’Agence de partenariat pour le progrès (APP) qui a signé une convention avec le ministère de l’Agriculture et de la pêche maritime et le ministère de l’Économie et des finances visant la construction d’unités de trituration d’olives. La convention vise à définir les modalités d’allocation de la contribution du gouvernement, qui s’élève à 90 millions DH, soit 30 % du montant total d’investissement qui s’élève à 300 millions DH. Le reste sera apporté à hauteur de 50 % par Catalyste Fund et 20 % par les groupements d’intérêts économiques. En tout, le projet permettra la construction de 20 unités de trituration.
Contrats-programmes pour le safran et la rose
En plus de cette convention, deux contrats-programmes ont été signés pour développer les filières du safran et de la rose à parfum. Objectif : renforcer la production, développer l’infrastructure, valoriser les produits et améliorer les conditions de commercialisation, et ce, à horizon 2020. Le développement de la filière du safran vise à porter la surface plantée de 570 ha à 1 310 ha et la production de 3 à 9 tonnes. De même, concernant le safran, vendu à ce jour en vrac, le contrat-programme ambitionne la production de 6 tonnes de safran traité et conditionné ainsi que d’en exporter 6 tonnes. Le tout pour un budget global de 100 millions DH auxquels contribue l’État à hauteur de 94 millions DH. Quant à la rose à parfum, son contrat-programme vise à porter la surface plantée de 800 ha à 1 200 ha et la production de 2 000 tonnes à 4 800 tonnes. La quantité transformée devrait passer de 1 000 tonnes à 3 800 tonnes, tandis que les quantités exportées passeront de 100 kg à 250 kg pour les huiles essentielles, de 2 500 kg à 5 000 kg pour la concrète de rose et de 100 tonnes à 300 tonnes pour l’eau de rose. L’enveloppe financière réservée à la filière rose est de 103,2 millions DH, dont 96 millions DH accordés par l’État.
Le lait agrégé
L’agrégation n’était pas en reste, même si la loi peine toujours à voir le jour. Il a été en effet question de la filière laitière, où Nestlé a signé une convention avec les ministères de l’Agriculture et de la pêche maritime et de l’Économie et des finances sur un projet d’agrégation autour d’une unité de valorisation sur trois ans, à horizon 2014. Le budget d’investissement s’élève à 49,71 millions DH et concerne l’agrégation de 12 000 agriculteurs, la constitution d’un cheptel de 18 550 têtes et une productivité de 4 311,6 litres par vache et par an. Parallèlement, et toujours pour améliorer les revenus des agriculteurs, un mémorandum d’entente entre le ministère et la fondation Aicha vise à mettre en place le cadre d’un partenariat visant à assurer une meilleure contribution à la sécurité alimentaire, créer davantage d’emploi et lutter contre la pauvreté.
3 % du budget de 2012
L’ensemble de ces engagements, pris par le gouvernement au cours de cette journée, totalisent 280 millions DH. Une bagatelle qui représente près de 3 % du budget alloué par le gouvernement pour l’agriculture pour la seule année en cours. « le Plan Maroc Vert s’est vu accorder un budget de 66 milliards DH pour toute la période de sa réalisation, soit de 2009 jusqu’à 2015. L’année en cours dispose d’un budget total de 9,2 milliards DH. Quant à la période 2013-2015, elle dispose d’un budget qui se chiffre à 35 milliards DH, tous types de financement confondus », d’après Majid Yacoubi, directeur financier au ministère de l’Agriculture qui s’est exprimé lors d’une table ronde organisée durant l’après-midi sur le thème « Développement durable : une approche innovante et des stratégies mieux ciblées ». Cette table ronde a d’ailleurs été l’occasion, pour ce haut cadre, de faire le point sur les principales sources de financement du département ministériel auquel il appartient, précisant que les grands projets publics, notamment d’infrastructures, tels que les barrages ou le programme pour l’économie d’eau et l’irrigation, sont financés par le budget général de l’État. Les deux autres ressources de financement public sont le fonds de développement agricole et le fonds de développement rural. Le premier fonds est un outil d’incitation financière pour l’investissement du privé, auquel l’État a apporté 2,8 milliards DH tandis que le privé l’alimentera à hauteur de 9 milliards DH pour l’année 2012. Le second fonds est un outil pour la création et l’amélioration des infrastructures dans le milieu rural. Il s’agit surtout de petits projets concernant, entre autres, la petite et moyenne hydraulique ou encore la valorisation des produits. Ce fonds dispose, pour l’année en cours, d’une dotation de 1 milliard DH. C’est donc parti pour année de consolidation des acquis. ◆

