Amalgame
Le fond de l’air est frondeur et le traitement affiché des priorités trompeur. Les récentes « révélations » relatives aux primes de hauts fonctionnaires sont d’une maladresse ahurissante. En entretenant la confusion entre la légalité et la morale ou la transparence, la manière de traiter les problèmes est dévoyée. Parce que le véritable problème ici, n’est pas [...]
Le fond de l’air est frondeur et le traitement affiché des priorités trompeur. Les récentes « révélations » relatives aux primes de hauts fonctionnaires sont d’une maladresse ahurissante. En entretenant la confusion entre la légalité et la morale ou la transparence, la manière de traiter les problèmes est dévoyée. Parce que le véritable problème ici, n’est pas celui des primes, qui sont prévues dans la loi comme l’attestent les documents publiés, mais plutôt celui du traitement des compétences. La divulgation de « preuves » atteste plutôt de l’absence de sérénité dans le débat politique, qui déborde du coup dans les rubriques de faits divers. Le fait est que, dans ce cas précis, nous sommes face à un problème d’économie de marché. D’un côté des ressources, rares, et de l’autre des recruteurs qui se concurrencent sans ménagement, administrations publiques et entreprises privées. Pour attirer les bonnes compétences, le système des primes permet de rendre les conditions attractives, en plus de la fibre citoyenne qui oriente le choix des candidats. Par conséquent, il faudrait arrêter l’hypocrisie générale et revoir la grille de salaires des hautes compétences pour l’aligner sur celle du privé. Ce serait le seul moyen d’arrêter le recours à des primes, dont le défaut est qu’elles ne souffrent pas la transparence. Cela aurait également pour conséquence d’encadrer les émoluments et d’éviter certains excès que le fait du prince autorise. En prenant du recul, le problème sous-jacent est encore une fois celui de l’éducation et de la formation. Le « prix » des hautes compétences est lié à leur quantité disponible sur le marché. Or le système éducatif doit pouvoir, et il en est hélas bien loin, former les cadres dont nous avons besoin en qualité et en quantité suffisantes. Tant que ceci ne sera pas adressé comme il se doit, prévaudra la courte vue politicienne qui attise le populisme au lieu d’adresser les défis réels, et qui alimente les médias souhaitant accroître leurs ventes et les lecteurs qui cherchent le scandale plutôt que l’information.

