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Arts islamiques au Louvre

Le Louvre ouvrira au public, le 22 septembre, ses nouveaux espaces consacrés aux arts de l’Islam. Un projet tant attendu.

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Bassin dit «baptistere de saint Louis». et Pyxide d’al Mughira.Le lecteur.Bouteille au bluson. Pyxide d’al Mughira.

Le département des Arts de l’Islam, aujourd’hui fermé, prépare sa réouverture dans de nouveaux espaces, consacrés aux arts de l’Islam, dans la cour Visconti du Louvre. Près de 3 000 œuvres y seront exposées, issues de 1 300 ans d’Histoire et d’un territoire couvrant trois continents, de l’Espagne jusqu’à l’Asie du Sud-Est. La collection des Arts de l’Islam du Louvre dispose désormais de 3 000 mètres carrés – trois fois plus qu’auparavant – pour se déployer sur deux niveaux, conçus par l’Italien Mario Bellini et le Français Rudy Ricciotti. Après la pyramide de l’architecte sino-américain Ieoh Ming Pei, inaugurée en 1989, la cour Visconti du palais du Louvre accueillera les œuvres datant du VIIe au XIe siècle. Le sous-sol, baptisé « parterre », présentera les œuvres du XIe jusqu’à la fin du XVIIIe, dans une enceinte de béton noir.

Financement d’un projet ambitieux

Le coût global de l’opération se monte à 98,5 millions d’euros et l’État français apporte 31 millions d’euros. Le principal mécène est la fondation du prince saoudien al-Walid ben Talal qui remet à titre privé 17 millions d’euros. Le musée a réussi jusqu’à présent à réunir 56 millions d’euros de mécénat provenant soit d’États étrangers, soit de donateurs privés ou d’entreprises et est encore à la recherche de dix millions d’euros auprès de mécènes, a appris l’AFP auprès du musée. « Nous prospectons toujours. Nous avons bon espoir », indique le musée. « Si le Louvre ne parvient pas à réunir ces 10 millions d’euros par mécénat, il lui faudra rééchelonner dans le temps certains de ses autres projets, tout en veillant à en préserver la dynamique », ajoute-t-il. Grâce à ces nouveaux espaces, le Louvre est en mesure de présenter sa riche collection d’art islamique et notamment celle des arts décoratifs qui regroupe plus de 18 000 objets au total. « Cette présentation sera la plus importante d’objets d’art de l’islam en Europe», a déclaré à l’AFP Sophie Makariou, directrice du département des Arts de l’Islam. Les collections, qui avaient été mises en réserve depuis plus de quatre ans, sont déjà en grande partie installées.

Un projet de longue date

C’est en 1893 qu’est créée une section des « arts musulmans » au musée du Louvre et qu’une première salle dédiée à la collection islamique au sein du département des objets d’art est ouverte. La collection s’agrandit considérablement sous l’impulsion de deux conservateurs, Gaston Migeon et Emile Molinier. Le legs de la baronne Delort de Gléon, en 1912, enrichit la section d’objets prestigieux issus de la collection de son mari et débouche sur l’ouverture d’une salle « Delort de Gléon » en 1922, dans le pavillon de l’Horloge. En 1932, un département des arts asiatiques est créé et les collections islamiques lui sont rattachées. Après la seconde guerre mondiale, en 1945, alors que les œuvres d’Extrême-Orient sont transférées au musée Guimet, une section islamique est créée au sein du département des antiquités orientales ; les œuvres seront exposées dans la salle de la Chapelle du pavillon de l’Horloge puis figureront dans deux salles en fin de parcours des antiquités orientales. En 1993, la création du grand Louvre et le départ du ministère des Finances de l’aile Richelieu permettent le déploiement des collections de la section dans un espace muséographique comptant alors 1 000 m2. Dès son arrivée à la tête de l’établissement public, en 2001, Henri Loyrette, président et directeur du Louvre, a voulu sortir les arts de l’islam de leur « marginalisation » au sein du musée en leur donnant un espace  « digne en qualité et en surface ». L’année suivante, Jacques Chirac, alors chef de l’État, fait part de son souhait de doter le Louvre d’un véritable département des Arts de l’islam pour conforter la « vocation universelle » du musée le plus fréquenté au monde. Ce huitième département est créé en 2003, dotée de plus de 14 000 objets et complété admirablement par les 3 500 œuvres déposées par le musée des Arts décoratifs – dont beaucoup sont inédites. La première pierre des nouveaux espaces est posée par l’ex-président Nicolas Sarkozy en juillet 2008. Cette année, un nouvel horizon s’offre au département qui se prépare pour l’ouverture en grande pompe de ce nouvel écrin. Un espace digne de la grandiloquence de cette forme d’art.

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