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Athènes évite le défaut de paiement

Athènes semble avoir évité la faillite. Une forte majorité des créanciers privés de la Grèce ont donné, vendredi, leur accord pour réduire et rééchelonner sa dette.

Le Premier ministre grec, Lucas Papademos, le 8 mars, dans l’enceinte de l’Assemblée nationale à Athènes.

Athènes a reçu, vendredi, l’aval de la majorité de ses créanciers pour réduire et rééchelonner sa colossale dette. Cela permet donc à la Grèce d’entamer l’application du deuxième plan de sauvetage de ses bailleurs de fonds, UE et FMI. Au terme de plusieurs mois de négociations internationales ardues, Athènes a recueilli 83,5% d’acceptation de l’ensemble de ses créanciers pour échanger leurs titres, dont 85,8% des seuls détenteurs d’obligations de droit grec, a annoncé tôt vendredi le gouvernement grec. L’opération, la plus grosse de ce type jamais réalisée dans le monde, doit permettre de réduire à 120,5% du PIB la dette du pays d’ici 2020, contre 160% actuellement, un taux qui reste très élevé selon tous les standards internationaux. La Grèce évite ainsi le défaut de paiement. Cependant, le taux d’assentiment recueilli parmi ses créanciers privés est insuffisant par rapport à l’objectif de 90% que s’était fixé le gouvernement. Ce qui explique qu’il auraient dû recommander l’activation des clauses d’action collectives (CAC) attachées aux obligations qui doivent être échangées. « Je souhaite exprimer ma gratitude à tous nos créanciers qui ont soutenu notre ambitieux programme de réforme et d’ajustement et qui ont partagé les sacrifices du peuple dans son effort historique », a salué le ministre des Finances grec Evangélos Vénizélos dans un communiqué.

Poursuivre les réformes

L’échange concret des titres doit avoir lieu ce lundi pour les obligations de droit grec et un délai supplémentaire (jusqu’au 23 mars à 8h GMT) a été accordé aux détenteurs de titres de droit non grec qui souhaiteraient rejoindre les rangs des participants à l’échange. Sur la partie des titres de droit étranger, la participation n’atteint que 69%. Le délai signifie donc que le taux de participation finale pourrait encore augmenter. Il n’autorise pas ceux qui ont déjà adhéré à l’offre à revenir sur leur décision. Charles Dallara, le patron de l’Institut de la finance internationale (IIF), qui a négocié pendant plusieurs mois au nom des banques les conditions de l’échange d’obligations avec le gouvernement grec, a estimé, vendredi, que le résultat de l’opération « réduit les risques de contagion sur les marchés, ce qui permet à la Grèce de poursuivre ses efforts de réforme ».Pour sa part, François Baroin, le ministre français des Finances, a qualifié de « bonne nouvelle et de beau succès » le résultat de l’opération.◆

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