La banque s’universalise, en opérant une entrée graduelle dans le para-bancaire via la reprise des parts
de la CDG dans SOFAC et Maroc Leasing.
Elle financera son développement stratégique par une levée de fonds sur le marché totalisant 6,7 milliards
de DH.
Un programme d’assainissement et de restructuration organisationnelle mené, au pas de guerre,
pour une éventuelle reprise
par une consœur.
Les bons dieux du CIH sont redescendus sur terre pour protéger ses jours. La banque dirigée par Ahmed Rahhou, revient très forte au devant de la scène. Elle prépare une entrée remarquée dans les métiers para-bancaires, en l’occurrence dans Sofac et Maroc Leasing, à travers la reprise des participations de la CDG (son actionnaire principal 65% aux côtés de la Caisse d’épargne française 35% via la holding Massira Capital Management). Deux opérations stratégiques qui portent sur 45,99% du capital de Sofac et 33,97% de celui de Maroc Leasing. L’acquisition se fera via une augmentation de capital en numéraire. L’enjeu est de puiser de la rentabilité ailleurs que dans les activités traditionnelles de la banque, dans lesquelles elle peine depuis quelques années à reconquérir des parts de marché. «Surtout dans les crédits immobiliers, qui monopolisent déjà quelque 50% de ses engagements», souligne un analyste.
Et d’ajouter que «cette structure de portefeuille accule fatalement le CIH à s’offrir de nouvelles capacités financières pour développer ses engagements ainsi que des activités para-bancaires». Engagé dans un vaste processus d’assainissement et de restructuration organisationnelle, le CIH semble subir le poids de ses créances cristallisées dans le bilan. Sans une capacité financière additionnelle, la marche de la banque s’en trouverait ralentie. De plus, face à la concurrence exacerbée de la part de banques à la situation saine et solide. La levée de fonds qu’il projette d’opérer correspond globalement à ce que pèsent ces «junk credits», qui freinent les ambitions du CIH. Les 6,7 milliards de DH (un emprunt obligataire de 3,7 milliards de DH sur 5 ans et des certificats de dépôts de milliards) serviront, en partie, à rafraîchir cette capacité de distribution de crédits, notamment immobiliers pour le logement social, mais surtout pour étendre son réseau.
La communauté financière semble bien accueillir les annonces du CIH.
Interrogés sur l’ampleur des fonds à lever par le CIH et de sa capacité à remplir ses engagements futurs, des investisseurs institutionnels sont confiants. Ils affirment que ces levées capteront l’intérêt du marché et se passeront dans de bonnes conditions au vu des performances projetées d’ici 2011. La visibilité donnée par Ahmed Rahhou lors de l’annonce des résultats semestriels en a rassuré plus d’un. Au passage, d’autres investisseurs voient dans le nouveau virage que prend le CIH une préparation sérieuse de la banque pour une éventuelle reprise par une consœur.
La Banque Populaire ou encore BMCE Bank reviennent souvent dans les commentaires. «Jusque-là l’absorption du CIH a été difficilement concevable au vu du volume de ses créances en souffrance par rapport à ses activités. Toute banque qui souhaitait s’y aventurer, allait sérieusement plomber ses comptes», explique un banquier. Et d’ajouter que «cette éventualité est aujourd’hui plausible, le CIH s’offre le moyen de la concrétiser».
Les nouveaux développements annoncés
ne manqueront pas
de bousculer les cours
du CIH et de Sofac, qui se retrouvent sur une pente descendante depuis trois ans.
Le mouvement s’est déclenché sur Sofac, qui a été réservée à la hausse vendredi dernier.




