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Benkirane face aux écologistes

Le Parti de la gauche verte marocain vient d’adresser une lettre ouverte au chef du gouvernement. Il appelle Abdelilah Benkirane à une mise en œuvre concrète de la Constitution et d’accélérer la cadence.

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Mohamed fares, coordinateur général du Parti de la gauche verte marocain se dit inquiet de la situation socio-économique dans le pays.

«Nous sommes dans une sorte de salle d’attente où nous commençons à nous poser avec acuité, de jour en jour, cette question : est-ce que le gouvernement pourra dépasser cette période ? ». Dr. Mohamed Fares, coordinateur général du Parti de la gauche verte marocain (PGVM), émet des doutes qu’il estime légitimes et nécessaires. Pour lui, le nouveau gouvernement tarde à donner des signes de changements durant ces premiers mois de sa mise en place. « Qu’on dise que c’est le commencement, ce n’est pas un argument valable pour justifier le retard accusé par le gouvernement, dans la mise en œuvre de ses engagements dont l’une des priorités est la résorption du chômage », affirme Mohamed Fares ajoutant que le chef du gouvernement évoque souvent dans ses discours « les poches de résistances » sans pour autant les identifier et y mettre fin. « Les pouvoirs élargis de la primature doivent lui permettre une efficacité d’action, alors que nous constatons sur le terrain que le gouvernement manque d’expertise et de gestion dues probablement à sa composition qui est, du moins, hétérogène », indique ce leader du PGVM légitimant ainsi la décision de son parti d’adresser au chef du gouvernement une lettre ouverte.

Que veut le PGVM ?

« Nous lui avons adressé une lettre ouverte afin que l’opinion publique puisse être informée de son contenu », tient à faire remarquer Mohamed Fares. Cette lettre ouverte de 8 pages relate le constat du PGVM, ses impressions et ses recommandations. « Nous voulions, par ce biais, rappeler à la majorité et à la Primature qu’il était temps de tenir leurs promesses et leurs engagements contenus dans le programme gouvernemental », précise-t-il.  Le PGVM exprime ainsi son inquiétude de constater que la situation sociale, économique et écologique du pays est en détérioration continue. « Nous avons voulu attirer l’attention sur l’insécurité dont souffre le citoyen y compris l’agent de l’autorité aujourd’hui pris pour cible. La montée en flèche du crime pose un sérieux problème face auquel il faut agir en priorité », estime le coordinateur général du parti, qui tient à rappeler au gouvernement sa responsabilité vis-à-vis des citoyens. « Il faut prendre toutes les mesures législatives, juridiques et opérationnelles pour garantir la sécurité et des citoyens, préserver leurs biens, leurs libertés, leurs droits individuels et leur vie personnelle », indique le PGVM dans sa lettre où le parti revendique également d’assurer la sécurité alimentaire en mettant un terme « aux spéculations des lobbys ».  Pour le PGVM, le moment est venu d’accorder plus d’intérêt à des crimes face auxquels la justice ne doit faire preuve d’aucune indulgence. « Il faut faire attention aux fléaux sociaux qui connaissent une recrudescence préoccupante. L’inceste, la pédophilie, le trafic de drogues dures dans les lycées menacent de plus en plus notre société qui devient de plus en plus vulnérable. Nous appelons le chef du gouvernement à faire en sorte que la justice sanctionne sévèrement ces crimes de trafic et de viol d’enfants et de femmes ainsi que les responsables de détournement de l’argent public et l’utilisation abusive du réservoir stratégique d’eau et d’énergie de notre pays », souligne le leader de ce parti.

Souci écologique

Opérant dans le domaine de l’environnement, le PGVM a insisté, dans sa lettre, sur la nécessité pour le Maroc de mieux interagir avec les besoins écologiques actuels. Après avoir participé à l’élaboration des recommandations du Sommet des Verts à Dakar (du 29 mars au 1er avril 2012), le PGVM estime que le gouvernement doit à présent bien se préparer au Sommet de Rio+20 pour assurer une bonne présence du Maroc.  Dans ce but, le PGVM joint à sa lettre ouverte les recommandations de la Charte des Verts en vue de servir de référence au gouvernement. Il y est question d’un développement durable où l’environnement agit en priorité dans la prise des décisions politiques et économiques. Les écologistes appellent à mettre en place une « économie verte » où les technologies et l’innovation obéissent au seul souci de préserver l’environnement. « Mais cette économie verte ne doit pas non plus devenir une couverture à des sociétés peu scrupuleuses », mettent en garde les Verts. Et d’appeler les gouvernements à élaborer des objectifs clairs et précis à atteindre à l’horizon de 2020 et de 2050, par la mise en place du développement durable dont il est question. ◆

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