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Culture

1 février 2012

Bled schizo, même au cinéma

Ecrit par

Le rapport qu’entretiennent les Marocains avec le cinéma est paradoxal ; et le dernier bilan du CCM le prouve. S’il y a de plus en plus de films, rares sont les personnes qui vont au cinéma.

 

Si la production de films marocains va crescendo, les salles de cinéma, elles, ne cessent de fermer au fil des ans. Un constat qui laisse dubitatif.

Si la production de films marocains va crescendo, les salles de cinéma, elles, ne cessent de fermer au fil des ans. Un constat qui laisse dubitatif.

Inquiétant. C’est le constat qu’un observateur du 7e art au Maroc peut faire en lisant soigneusement le dernier bilan cinématographique du CCM pour l’année 2011. Au fil des ans, les cinémas ferment, les spectateurs sont peu nombreux à se diriger vers les salles obscures et les réalisateurs les mieux lotis sont ceux qui font du cinéma commercial. La preuve : le film Nhar Tzad Tfa Do est arrivé en tête du box-office cette année, devançant de loin les derniers films un  peu plus élaborés techniquement parlant. Le fonds d’aide au soutien cinématographique augmente,la production va crescendo, mais le veritable point faible du circuit c’est bel et bien la distribution et l’exploitation.  Les chiffres sont révélateurs et les résultats comparatifs sont effrayants. Rien qu’à voir  le nombre de salles de cinéma. En 2006, le Maroc comptait 124 cinémas en activité. Six ans plus tard, ils sont 47 uniquement en comptant bien sûr toutes les salles du multiplexe Megarma à Casablanca et Marrakech. Des cinémas qui ferment  déduisent une baisse de l’exploitation. Ils étaient 2.069.069 spectateurs à se déplacer dans les salles contre 2.535.829 en 2010. « C’est une situation bien paradoxale que l’on retrouve au Maroc. Au moment où nous avons une hausse de la production plus de films et de meilleure qualité, les salles ferment, les gens vont de moins en moins voir des films au cinéma », déclare une source à la Chambre marocaine des salles de cinéma ayant souhaité garder l’anonymat. Le bilan publié par le Centre cinématographique marocain confirme aussi ce paradoxe. Le centre dirigé par Nourredine Sail a accordé pour la période allant jusqu’au 31 décembre 2011 un total de 1.471 autorisations de tournage dont 756 productions marocaines et 715 étrangères.

Le film marocain a la cote

Le Maroc a accueilli en 2011 le tournage de plusieurs films étrangers. Au total, 9 longs métrages, 5 téléfilms, 5 séries télévisées, 12 courts métrages, 70 films documentaires ainsi que des films publicitaires et reportages TV. Autre élément positif dans ce bilan c’est l’augmentation du montant de l’avance sur recettes accordé au soutien à la production cinématographique. Cette avance s’élève actuellement à 60 millions de dirhams. Ce montant concerne les avances sur recettes avant et aprés production, ainsi que les primes à la qualité. Si le film marocain a trés peu de visibilité au Maroc à cause des dysfonctionnement du circuit de l’exploitation, il a la cote dans les festivals à l’international. Le film marocain a participé dans 131 messes du cinéma dans le monde avec un total de 47 prix. ◆




 
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