Imprimer

Maroc

6 janvier 2012

Ces droits qui ne sont toujours pas acquis

Ecrit par

Dans son récent rapport sur les droits humains, l’ONG Human Rights Watch (HRW), siégeant à New York, constate les avancées du pays en termes des droits de l’Homme mais soulève en outre des irrégularités risquant de sanctionner l’image démocratique du Maroc.

« La police a toléré certaines de ces manifestations, mais a parfois attaqué et violemment battu les protestataires… », soulève le rapport de HRW.

« La police a toléré certaines de ces manifestations, mais a parfois attaqué et violemment battu les protestataires… », soulève le rapport de HRW.

« Réagissant aux mouvements pro-démocratie du Printemps arabe et à des manifestations en faveur de réformes au Maroc, le roi Mohammed VI a proposé en juin des amendements constitutionnels contenant d’importantes garanties en matière de droits humains, mais peu de limites véritables à ses propres pouvoirs en tant que souverain. L’électorat a approuvé ces amendements en juillet. » HWR reconnaît par ces constats-là un vent de changement. L’amazighité a été en effet reconnue langue officielle et la détention arbitraire tout comme les  traitements inhumains sont désormais interdits par la nouvelle Constitution. La présomption d’innocence et le droit à un procès équitable sont désormais « acquis » Mais, pour l’ONG, ce n’est pas tout.

Manifestations: un bilan mitigé

Le rapport dresse de prime abord un bilan sur les libertés de rassemblement, d’association et d’expression. Citant la personne de l’année qui n’est d’autre que le M20F, ce dernier a fait preuve de maturité politique et sociale qui n’a pas toujours été bien accueillie par les autorités du pays. « La police a toléré certaines de ces manifestations, mais a parfois attaqué et violemment battu les protestataires… », soulève le rapport. Ce dernier ne rate pas non plus l’occasion de remémorer la tragique mort de « Kamal Ammari suite à un affrontement dans une manifestation le 29 mai à Safi. Il est mort le 2 juin. Une enquête est toujours en cours sur ce cas… », note le rapport. Pour ce qui est du dossier du terrorisme, le rapport cautionne l’attentat d’Argana à Marrakech le 28 avril 2011, «  tuant 17 personnes et en blessant des dizaines. Personne n’a revendiqué la responsabilité de cet attentat terroriste, le plus meurtrier commis au Maroc depuis 2003.  Le 28 octobre, la chambre spéciale ant-terrorisme de la Cour d’appel de Rabat a déclaré coupables de cet attentat neuf militants islamistes présumés et en a condamné un à mort et les autres à des peines de prison. », remarque le rapport. Mais, si virulente soit-elle, la vague de terrorisme au Maroc est relativement bien assiégée par les autorités. « La police a arrêté des centaines d’autres militants présumés, dont un grand nombre ont été condamnés et emprisonnés, pour avoir appartenu à un « réseau terroriste » ou pour s’être apprêtés à rejoindre le« djihad » en Irak ou ailleurs. », mentionne HRW.

La presse écrite indépendante et les médias en ligne  peuvent enquêter sur les responsables et les politiques du gouvernement mais s’exposent à des tracasseries et à des poursuites s’ils franchissent certaines limites.

Liberté de presse conditionnée

Le rapport n’est pas très d’accord avec les méthodes parfois violentes de la justice criminelle. « Il est rare que les tribunaux soient le théâtre de procès équitables dans les affaires ayant des connotations politiques. Les juges ignorent généralement les demandes d’examen médical d’accusés, refusent de faire comparaître des témoins de la défense et prononcent des condamnations sur la base d’aveux apparemment extorqués », soulève le rapport. A part Al Adl Wal  Ihssan, mouvement islamiste interdit mais toléré, le droit d’association est garanti du moment que l’idéologie ne remet pas en doute les constantes du pays. Pour ce qui est des droits de la femme, le rapport applaudi  la levée des réserves sur les articles 9(2) et 16 de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes mais la violence conjugale reste toujours à l’ordre du jour. « Le Haut Commissariat au Plan a constaté que 55 % des femmes marocaines incluses dans l’enquête et âgées de 18 à 64 ans, avaient subi des violences familiales lors de l’année 2009; 15 % d’entre elles ont fait état de violences physiques et 48 % de violence émotionnelle. », affirme le rapport. Pour ce qui est du dossier des mineurs employés dans les maisons, « le gouvernement marocain a adopté en octobre un projet de loi qui, s’il est approuvé par le Parlement, alourdirait les sanctions contre les personnes qui violent l’interdiction d’employer des enfants de moins de 15 ans et durcirait les conditions d’autorisation du recrutement d’employés de maison âgés de 15 à 18 ans. », fait remarquer HRW. Enfin, concernant la liberté de la presse, même si Rachid Nini est le seul journaliste emprisonné « pour avoir critiqué le service des renseignements marocains. », le rapport considère que la presse écrite indépendante et les médias en ligne du Maroc peuvent enquêter sur les responsables et les politiques du gouvernement mais s’exposent à des tracasseries et à des poursuites s’ils franchissent certaines limites. ». L’islam, le Sahara et le roi, restent des sujets ultra sensibles. Le rapport clot ses constats sur l’étranger. A l’international, le Maroc est officiellement sur la bonne voie. Pourtant, l’image du pays doit tout de même être applaudie ici plus qu’ailleurs…◆




 
Articles en relation
 

 
violence-policiere

HRW : le Maroc ne respecte pas sa Constitution

Human rights watch dénonce l’impunité des violences policières et l’intolérance envers la liberté d’expression au Maroc. L’ONG constate un grand écart avec les termes de la nouvelle Constitution.
 
 
SEGMA

Les SEGMA à bout de souffle

Le département des finances vient de rendre public un rapport sur les Services de l’État gérés de manière autonome (SEGMA) au titre de l’année 2010. Le faible taux d’exécution des dépenses d’investissement ne ...
 
 
unicef

Les enfants méritent des villes plus saines

L’UNICEF, le ministère de l’Habitat, et celui du Développement social, ont conjointement présenté, hier, le nouveau rapport sur la situation des enfants dans le monde. Cette année, ce sont les enfants du monde urbain q...
 

 
crise-syrienne

Une autre lecture de la crise syrienne

Publié à la mi-février, et bien que contestable sur certains points, le rapport « Syrie : une libanisation fabriquée » analyse la bataille médiatique et le jeu des puissances étrangères dans la crise syrienne. Reto...
 
 
Les jeunes diplômés chômeurs à Rabat pratiquaient cette forme de protestation depuis quelques années déjà afin de réclamer du travail dans la fonction publique.

La Bouazizimania gagne du terrain

Ils seraient pas moins de 91 personnes à avoir tenté de se donner la mort par auto-immolation ces derniers mois. Un chiffre dont le caractère alarmant n’a d’égal que les raisons diverses qui conduisent à ce qui est dev...
 
 
La situation sociale désastreuse dans les camps de Tindouf ouvre la porte à bien des dangers, comme le trafic de drogue ou encore le terrorisme.

Potomac pour la fermeture de Tindouf

Le think tank américain Potomac Institute, basé à Washington, vient de publier une étude sur le terrorisme en Afrique du Nord et dans le Sahel. L’une de ses principales recommandations est la fermeture des camps de Tindouf.
 

 
Le rapport d’Amnesty souligne que « le 13 mars, les forces de sécurité ont utilisé une force injustifiée, blessant plusieurs dizaines de personnes, pour disperser une manifestation pacifique à Casablanca.»

Les actes manqués d’A mnesty International

Le Printemps arabe est l’événement phare de l’année 2011. Amnesty lui consacre tout un rapport avec quelques lignes sur le Maroc. Des lignes où rien n’est dit sur les récentes libérations des détenus politiques. Le...
 
 
Le Maroc est désormais une destination très prisée des étrangers en quête de beauté éternelle.

Chirurgie esthétique : les spécialistes en conclave à Casablanca

Les spécialistes de la chirurgie esthétique et de médecine anti-âge ont rendez-vousles 20 et 21 janvier à Casablanca, pour discuter des nouvelles techniques de rajeunissement.
 

 
Risques-et-vulnérabilité

Le Printemps arabe n’a pas épargné le Maroc

  Les effets du Printemps arabe sur les pays de l’Afrique du Nord  sont un secret de polichinelle. Si les différentes agences de notation ont réduit leurs notes attribuées à la Tunisie, à l’Égypte ou encore à l...
 
 
Le 111e derby de ce samedi entre le Wydad et le Raja se jouera dans un climat de forte tension. Photo Mehdy MARIOUCH

Un derby sous haute surveillance

Cette 14e journée sera dominée par le sommet WAC-Raja qui polarisera toute l’attention. Le 111e derby se déroulera sous haute surveillance, alors que la montée du hooliganisme inquiète de plus en plus. Le FUS, leader et ...
 

 
L’Ivoirien Bakary Koné, lors d’une rencontre avec l’ASSEC Mimosa d’Abidjan.

Les FAR préparent la phase retour

Les FAR de Rabat se sont lancés dans le mercato hivernal dès son ouverture samedi dernier. L’équipe est à son troisième transfert, loin devant le Raja et le Wydad qui ont recruté deux joueurs de l’ASEC Abidjan.
 
 
Ahmed Assid, philosophe et membre de l’Observatoire amazigh des droits et des libertés

« La laïcité est le seul système où les religions peuvent cohabiter »

La nouvelle donne du paysage politique marocain réveille l’éternelle question : la laïcité peut-elle être marocaine ? Ahmed Assid, philosophe et membre de l’Observatoire amazigh des droits et des libertés, répond...
 
 
Le constat est sans appel : les hooligans sont de plus en plus nombreux à gâcher les matchs.

La fièvre du hooliganisme

Lors du derby CODM-MAS, l’arbitre Bouchaïb Lahrech a du arrêter le match pour cause de hooliganisme, estimant que les joueurs n’étaient plus en sécurité. Aucun club n’est épargné par ce phénomène, pénalisé par ...
 

 
Plusieurs défaites successives ont plongé le WAC dans une période trouble. Photo Mohcine IDRISSI

WAC : un climat lourd avant le derby

Autant le Raja de Casablanca a retrouvé toute sa sérénité après de bons résultats, autant le WAC traverse une crise qui inquiète les supporters à la veille du derby.
 
 
63 % des Marocaines utilisent la pilule alors que 13 % restent encore fidèles à la méthode traditionnelle. 3 % seulement préfèrent l’injection contraceptive.

Les Marocaines préfèrent la pilule

La pilule est le moyen contraceptif le plus utilisé par les Marocaines. Elles sont 63 % à l’adopter alors que 13 % restent encore fidèles à la méthode traditionnelle.
 
 
Plus le Maroc coagulera ses différentes composantes en une société de rapports de classes plutôt que d’évitement communautaire, et plus le monolinguisme s’imposera.

L’oiseau bilingue de Ziri ibn Atiya

En septembre 994, une ambassade marocaine se présenta devant le maître de la Péninsule ibérique, le chambellan Ibn Abi Amir al Mansour. Elle lui était envoyée par son allié Ziri ibn Atiya, dit « al fartas », le teign...
 

 
L’arbitrage est pointé du doigt par les clubs ; les erreurs d’arbitrage ont été nombreuses durant la première partie de la saison professionnelles.

L’arbitrage de plus en plus contesté

Des voix se sont élevées depuis le début du championnat pour fustiger l’arbitrage de certaines rencontres. Des résultats ont été faussés par des erreurs et la commission de discipline a sévi dans plusieurs cas.
 
 
La nageuse Sara El Bikri a fait le plein de médailles.

Le Maroc décroche la 3e place

Avec un total de 113 médailles ( 35 or, 24 argent et 54 bronze), le Maroc a remporté la 3e place aux Jeux Panarabes de Doha. L’égype est en tête du classement avec 233 médailles, loin devant la Tunisie.
 



0 Comments


Be the first to comment!


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>