CIA 2030
Dans une étude prospective intitulée « Global trends 2030 », la National Intelligence Council, une branche d’études de la CIA, se livre à la projection sur l’état du monde dans moins de vingt ans. Le rapport qui sera rendu public en novembre, a été commenté par la presse outre Atlantique après avoir été communiqué à plusieurs think-tanks [...]
Dans une étude prospective intitulée « Global trends 2030 », la National Intelligence Council, une branche d’études de la CIA, se livre à la projection sur l’état du monde dans moins de vingt ans.
Le rapport qui sera rendu public en novembre, a été commenté par la presse outre Atlantique après avoir été communiqué à plusieurs think-tanks américains pour en critiquer le contenu et l’affiner.
Au-delà de la lente perte d’influence des USA au profit de l’Asie sur laquelle tout le monde est d’accord, c’est l’équilibre du monde qui est en question. C’est-à-dire le champ des possibles et des contraintes pour chacun d’entre nous dans un avenir très proche. Il faut toutefois relever que les experts brésiliens, turcs et chinois sont moins pessimistes sur l’évolution de la première puissance mondiale que ne le sont les experts américains eux-mêmes. L’autre tendance qui ressort de cette étude est la crainte de la désintégration face à l’émergence de plusieurs petites zones d’influence incapables de réguler les conflits et les défis à l’échelle planétaire avec les risques d’instabilité inhérents. Hormis les traditionnelles questions de rapports de force politico-économiques, la question du climat, de l’eau et de la diffusion des technologies mais aussi -et c’est un fait important- celle des migrations qui, en alimentant la catégorie de citoyens transnationaux pourrait affaiblir le lien aux nations, dessinent des scénarii peu optimistes. La tenue du congrès du PJD ou l’université d’été de CAPDEMA qui se sont tenus ce week-end, doivent intégrer ces données pour simuler les évolutions plausibles et mesurer les efforts qui doivent être consentis par notre pays et notre région afin de ne pas subir sans recours les soubresauts potentiels qui s’annoncent, faute de quoi, notre place dans l’Histoire se réduira de manière encore plus prononcée. Nul doute que ces prévisions seront finement décortiquées par les décideurs états-uniens et que les efforts pour que le scénario le plus humaniste, et le plus idéaliste de l’étude, celui d’une co-direction du monde par le couple sino-américain se rapproche de la réalité. Reste pour nous à trouver une place dans le puzzle qui se reconstitue.

