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Science et Vie

3 février 2011

Cloud computing : avancée ou mode ?

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Le cloud computing figure parmi les sujets faisant débat en ce moment dans le domaine des technologies de l’information et de la communication. L’avis sur cette technologie est partagé entre ceux qui la considèrent comme une évolution majeure pour l’informatique de demain et ceux qui sont réticents, n’y voyant qu’un effet de mode sans intérêt réel pour l’utilisateur. Les [...]

Le cloud computing figure parmi les sujets faisant débat en ce moment dans le domaine des technologies de l’information et de la communication. L’avis sur cette technologie est partagé entre ceux qui la considèrent comme une évolution majeure pour l’informatique de demain et ceux qui sont réticents, n’y voyant qu’un effet de mode sans intérêt réel pour l’utilisateur.

Les francophones préfèrent l’appeler informatique dans le nuage, dématérialisée ou encore infonuagique, mais le terme anglais reste pour le moment le plus répandu ! Bien que le concept soit assez récent, son origine remonte à plusieurs années avec les grilles de calculs, ou Grid Computing, utilisées dans le calcul scientifique. On pourrait le définir comme une nouvelle pratique de l’informatique totalement indépendante de la localisation des ressources. Les serveurs sur lesquels s’exécutent ces tâches sont sur Internet, ou le nuage (d’où le mot cloud), de façon tout à fait transparente par rapport aux utilisateurs. Le terme cloud a été choisi pour désigner ce nouveau concept, étant donné que les spécialistes réseaux ont eu toujours recours à ce dessin pour illustrer Internet qui représente un regroupement de réseaux hétérogènes et où l’utilisateur ne se soucie que de ses applications et connexions point à point.

Le Syntec Informatique, dans son livre blanc sur l’informatique en nuages, nous simplifie ainsi la compréhension du concept en stipulant que le Cloud Computing «rend l’accès à l’informatique très similaire à celui de l’électricité : on se branche sur une «prise informatique» pour disposer d’applications, de puissance de calcul, de stockage… sans se préoccuper de la transformation, ni du réseau de distribution ni de la centrale de production et des ressources primaires nécessaires».

Pour les adeptes de ce nouveau concept, il y aura une diminution importante, qui peut aller jusqu’à 50% du coût relatif à la gestion de l’existant dans les entreprises. Plusieurs études ont montré par exemple qu’un serveur d’entreprise est utilisé en moyenne 10% du temps mais reste branché en permanence, consommant une grande quantité d’électricité inutile. Avec le modèle Cloud, le même service serait rendu sur des ressources partagées et les temps d’inactivité des processus seraient alloués à d’autres applications.

Jusqu’à 2 Go de ses données dans le nuage

Actuellement, plusieurs opérateurs, tels que Amazon, IBM, Google, Microsoft ou autres, offrent leur solution dans ce domaine. La distribution Linux d’Ubuntu, la plus utilisée actuellement dans le monde, offre elle aussi, avec sa version serveur, Ubuntu Enterprise Cloud (UEC) qui apporte des capacités d’infrastructure semblables à celle de Amazon EC2. Cette solution est conçue pour simplifier le processus de construction et gestion d’un Cloud interne pour les entreprises de toutes tailles, permettant ainsi aux sociétés de créer leurs propres infrastructures en self-service. La société derrière le projet Ubuntu, en l’occurrence Canonical, a aussi développé l’application Ubuntu One, une sorte de Cloud personnel qui permet à n’importe quel utilisateur de stocker jusqu’à 2 Go de ses données dans le nuage… et ce, gratuitement ! Ubuntu One permet aussi de synchroniser les données entre les différents ordinateurs qu’utilise une personne, ce qui offre une meilleure flexibilité dans la gestion des données personnelles.

Cependant, pour certains observateurs, à l’image de Richard Stallman, le guru du logiciel libre, le Cloud computing ne serait qu’une sorte de mode informatique, voire même une stupidité, comme il le disait lors d’une interview accordée au «Guardian» : «Le cloud computing est tout simplement un piège forçant plus de monde à verser dans la sécurité, à acheter des systèmes propriétaires qui leur coûteront de plus en plus cher au fil du temps» et d’ajouter que «l’une des raisons pour lesquelles vous ne devriez pas utiliser des applications Web pour votre travail informatique est la perte de contrôle. C’est tout aussi mauvais que d’utiliser un programme propriétaire».

Le débat est amorcé, et les années à venir nous permettront certainement de voir si le scepticisme de Stallman est une clairvoyance ou simplement une idéologie déguisée !




 
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