Les premiers indices de la portée de la nouvelle constitution à peine connus, le terme qui revient le plus souvent est celui d’audace. Avec une réforme profonde du fonctionnement des institutions, un élargissement et une plus grande responsabilisation du Premier ministre, la nouvelle constitution n’a, semble-t-il, oublié aucun des points évoqués depuis le discours du [...]
Les premiers indices de la portée de la nouvelle constitution à peine connus, le terme qui revient le plus souvent est celui d’audace. Avec une réforme profonde du fonctionnement des institutions, un élargissement et une plus grande responsabilisation du Premier ministre, la nouvelle constitution n’a, semble-t-il, oublié aucun des points évoqués depuis le discours du 9 mars.
La plus grande séparation des pouvoirs qui devrait en découler devrait fluidifier les prises de décisions et faciliter la comptabilité des engagements pris.
Parmi les points saillants de cette nouvelle constitution, la deuxième Chambre, en devenant Conseil des collectivités territoriales, est le signe de l’importance de la régionalisation qui aura, là, un relais pertinent.
La révision de l’âge de la majorité ou l’inscription de l’amazigh comme langue officielle sont également au rendez-vous.
L’idée, en parcourant les profondes modifications proposées, est que ce texte touche à la vie quotidienne de chacun d’entre nous. En renforçant l’indépendance de la Justice, par exemple, ou en autorisant la saisine de la Cour constitutionnelle, qui remplace le Conseil Constitutionnel, par les citoyens directement. Ce sont des avancées énormes sur la route vers une plus grande démocratie. En renforçant le rôle du Parlement et des parlementaires et en accordant une plus grande place à la société civile, c’est une évolution radicale et en douceur que la commission Mennouni a concoctée. Reste maintenant à expliquer, le plus en détail et de la manière la plus pédagogique qui soit, les enjeux de ces changements pour que le referendum attire le maximum de citoyens aux urnes. Ensuite, le travail pourra réellement commencer.
Bien entendu, une lecture partisane ou pointilleuse de cette nouvelle mouture fera certainement l’objet de critiques. Tant qu’elles sont constructives, elles seront les bienvenues. En attendant, nous devons, chacun à notre niveau, faire en sorte que cette constitution soit le socle solide et ouvert d’une société plus équitable et plus solidaire.
Saâd A. Tazi




