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Coopératives : le projet de loi attend toujours

Le projet de loi relatif aux coopératives et à la modification des attributions de l’Office de développement de la coopération (ODCO) est remis au secrétariat général du gouvernement dans l’attente de son adoption. Il a subi des amendements mais sans pour autant fixer de plan sectoriel en matière de promotion des coopératives.

Cooperatives

Trois secteurs captent l’essentiel du tissu coopératif : l’agriculture (65 %), l’artisanat (13 %) et l’habitat (12 %).

À peine installé à la tête du département des affaires économiques et générales, le ministre PJDiste Mohamed Najib Boulif, a mis les bouchées doubles pour la réorganisation des structures coopératives. Des amendements ont été opérés sur le projet de loi relatif aux coopératives et à la modification des attributions de l’Office de développement de la coopération (ODCO). «Le projet est remis au secrétariat général du gouvernement dans l’attente de son adoption», affirme un haut responsable au sein de l’ODCO. Sans livrer des éléments plus détaillés sur l’objet des amendements, ce dernier assure qu’ils portent grosso modo sur la simplification des procédures de création des coopératives et le renforcement du dispositif de la gouvernance et de la transparence. Une des composantes essentielles de l’économie sociale et solidaire, les coopératives ont connu un essor fulgurant tout au long des cinq dernières années surtout avec la mise en marche de l’INDH… Leur nombre a plus que doublé grimpant ainsi de 4 000 à plus 9 000 coopératives et unions des coopératives avec près de 10 000 adhérents au terme de l’année 2011. A noter aussi que trois secteurs captent l’essentiel du tissu coopératif, à savoir : l’agriculture (65 %), l’artisanat (13 %) et l’habitat (12 %). Cela ne veut pas dire pour autant que tout laisse augurer de beaux jours dans le meilleur pays du monde.  Les lacunes sont légion à tel point qu’aucune politique sectorielle ne se laisse profiler à l’horizon. Le programme gouvernemental en matière de promotion des coopératives se limite juste à des finalités théoriques, et point d’objectifs chiffrés sur la liste. Et pour preuve, l’on ne dispose même pas de la contribution de l’économie solidaire au PIB national. Sachant que dans un pays comme l’Allemagne, elle est de 20 %.

Des failles de taille

La seule donnée chiffrée, «approximative» d’ailleurs, reste le chiffre d’affaires qui avoisine les 7 milliards de dirhams, précise notre source. Comment alors pourrait-on élaborer une politique sectorielle en l’absence de statistiques nationales sur les coopératives ? À l’échelle internationale, la tendance en vue veut que leur rôle dans le développement économique et social soit consolidé davantage. Dans son message à l’occasion de la Journée internationale des coopératives, le directeur général de l’Organisation internationale du travail (OIT), Juan Somavia, a déclaré que « les coopératives peuvent jouer un rôle essentiel pour affronter les inégalités croissantes, le chômage, l’exclusion sociale et les problèmes environnementaux suscités par le mode de croissance et de mondialisation en vigueur ».
L’expérience marocaine, du moins au vu de la partie visible de l’iceberg, laisse dégager moult dysfonctionnements comme le montre le taux de contentieux situé à plus de 15 %, nous informe le haut responsable de l’ODCO. Et d’ajouter que le nombre important des réclamations grippe tout processus de redressement. Le vide juridique en la matière note l’absence de procédure de conciliation et de règlement des contentieux. Quid alors du taux de mortalité ? Le mimétisme l’emporte cette fois-ci. Le tissu coopératif marocain bute sur bien de variables clés remettant en cause même son niveau de productivité et de compétitivité.  À la clef, la formation, les capacités techniques de gestion, les compétences en matière de communication et de marketing, l’accès à l’information, l’assistance sociale, la sécurité et la santé sur le lieu de travail… Sur la liste figurent aussi la qualité des biens et des services produits, les facilités d’accès au crédit et aux marchés… Mais le principal frein, c’est l’esprit «coopératif» chez nous autres Marocains. « La coopérative désigne une association autonome de personnes volontairement réunies pour satisfaire leurs aspirations et besoins économiques, sociaux et culturels communs au moyen d’une entreprise dont la propriété est collective et où le pouvoir est exercé démocratiquement », selon l’OIT. Démocratiquement veut dire concrétiser l’idéal de justice sociale et ne pas considérer le «travail comme étant une marchandise». ◆

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