Coup de chaud sur la nationale 9
Road Nine, film d’action signé par Sébastien Rossi, situé dans la cité ocre et le sud marocain, sera en salle dès le 6 juin. Le film a été présenté en avant-première lundi soir au Mégarama de Casablanca.

La comédienne Béatrice Rosen, dans le rôle de Nadia et l’acteur Assaad Bouab, qui joue Yanis dans Road Nine.
La fascination du désert marocain poursuit sa course effrénée. Après « 37 kilomètres Celsius » d’Othmane Naciri, c’est du côté de la route 9, que le réalisateur français, Sébastien Rossi, a choisi de planter sa caméra. « Road Nine », son nouveau long-métrage, suit la cavale folle d’un buddy movie improbable, Yanis (Assaad Bouab) et Nadia (Béatrice Rose), réunis malgré lui sur la fameuse nationale qui relie Marrakech à Ouarzazate. Ce road movie, pouvant s’inspirer de la réalité de certains personnages issus du « milieu », qui quittent souvent la France pour échouer à Marrakech, pas seulement pour sa lumière dorée et son climat clément, en se reconvertissant en patrons d’établissements de nuits, est née d’un scénario, initialement, pensé par Bibi Naceri. Ami lecteur, tu te souviendras sans mal, de l’excellent thriller, « La Mentale », réalisé en 2002 par Manuel Boursinhac, dont Bibi Naceri, signait déjà le scénario bien senti, qui nous plongeait aux côtés de types à la part d’ombre accrue. « J’avais au départ écrit ce scénario en pensant à l’Espagne, aux gitans et à leur univers, car ma femme est espagnole. Sébastien Rossi et moi-même, avions déja collaboré, j’aime son énergie. Il souhaitait réaliser un film au Maroc, nous avons ensuite, réécrit ce scénario, afin de l’adapter, en fiction marocaine », souligne le scénariste et comédien, Bibi Naceri, qui donne sa parfaite mesure à l’un des malfrats du film.
Entre action et émotion
Le haut de l’affiche réuni, Assaad Bouab, Béatrice Rosen, égérie de Lancel rappelant la comédienne Martina Stella, Bibi Naceri, Karim Saïdi, Julien Courbey, Arsene Mosca. On aime l’apparition de Francis Lalanne, en parrain marrakchi, les séquences tournées au Sofitel de Marrakech ou encore au So, lieux qui accueillent chaque année, cinéastes, comédiens et critiques des quatre coins de la planète, lors du FIFM. Pour en revenir, à Francis Lalanne, Sébastien Rossi a fait appel au comédien dans son court-métrage, réalisé en 2009 et intitulé, Big H Story : « Je l’ai fait mourir, deux fois, dans mes films », s’en amuse le cinéaste. Esthétique hors-pair du Sud marocain, contemplation mêlée à un rythme tachycardique, le cinéaste Sébastien Rossi a distillé ressorts comiques et dramatiques à ce film d’aventure qui oscille entre action et drame. « Je suis sensible à la comédie et je voulais faire un film d’impulsion marocaine. Le Maroc, est une terre de cinéma, très cinégénique qui offre une large variété de paysages. J’ai de plus rencontré mon producteur, Cédric Bulard(One Shot Media), il y a deux ans, lors du 9e FIFM. D’emblée, il a manifesté la volonté de soutenir ce projet 100 % marocain.Road Nine, est le fruit de complémentarités, je connaissais aussi mon directeur de production, Nabil Bouhajra, c’est une aventure cinématographie mais aussi humaine. Le budget, quelque peu réduit du film, a tout de même séduit les comédiens, qui ont, d’emblée, accepté de participer à ce film, sans percevoir leurs cachets habituels », précise le cinéaste, ému par la présentation en avant-première de Road Nine, à Casablanca. Quant à l’actrice Béatrice Rosen, pétillante, lumineuse, présente avec l’équipe du film, elle a déclarée être heureuse de découvrir Casablanca, car « c’est une ville où je viens pour la première fois. Ce film m’a permis d’interpréter le rôle d’une jeune femme d’origine franco-marocaine. J’y ai vu le visage d’un Maroc jeune, dynamique, chaleureux. J’aime les couleurs et les parfums du Maroc, ainsi que son art de vivre », a-t-elle confié. Elle sera bientôt à l’affiche du nouveau film d’Agnès Jaoui, Un jour mes princes viendront. Autre jalon indispensable au souffle de « Road Nine », Assaad Bouab. Solaire, affable, enthousiaste pour la jeune école du cinéma, le comédien, de retour d’une lecteur théâtrale en Suisse, où il a redécouvert la langue de Khalil Gibran, a émis sa joie « de vivre cette avant-première. C’est un film qui a le mérite d’avoir été réalisé de façon totalement indépendante, j’en retiens une belle aventure amicale ». Casting de choix, émergence d’un premier film indépendant, noblesse des décors naturels du Sud du Royaume, « Road Nine » signe, définitivement, l’embellie d’un néo-septième art. Reste à lui souhaiter pour sa sortie le 6 juin, sur les écrans marocains, « Latcho drom », bonne route, en gitan. ◆

