L’arrivée de Benkirane au gouvernement est une occasion unique pour imprimer des changements importants, en conformité avec les attentes qui l’ont mené au pouvoir.La question est de savoir si ces changements doivent s’inscrire dans une logique d’évolution ou de rupture. La réponse est bien entendu à nuancer, mais il est des domaines où une rupture [...]
L’arrivée de Benkirane au gouvernement est une occasion unique pour imprimer des changements importants, en conformité avec les attentes qui l’ont mené au pouvoir.La question est de savoir si ces changements doivent s’inscrire dans une logique d’évolution ou de rupture. La réponse est bien entendu à nuancer, mais il est des domaines où une rupture serait plus fructueuse que l’évolution, c’est-à-dire la perpétuation de situations bancales et improductives dont on s’accommode par paresse.Sur le plan symbolique, le chef du gouvernement devrait prendre des mesures phares pour encadrer sa politique et adresser un signal fort à tous les citoyens.Si les deux priorités retenues sont, sans ordre déclaré, la justice et l’éducation, qui constituent par ailleurs l’épine dorsale de tout projet politique digne de ce nom, elles partagent un même mal : celui de la corruption endémique.Quelles que soient les réformes entreprises, elles seront systématiquement vouées à l’échec si elles sont minées par la corruption.Mais parler de corruption implique de parler de moyens en amont. Il est impensable de croire que ce fléau disparaîtra du jour au lendemain, de manière magique ou spontanée. Pour y arriver de manière graduelle, les outils pour la réduire, la contrôler et la juger sont la première nécessité, ainsi que les efforts pédagogiques pour convaincre ceux qui y ont recours (corrupteurs et corrompus) que le respect de la loi est plus profitable à l’ensemble de la communauté. Et là, l’ordre des priorités du gouvernement s’impose logiquement. C’est au niveau de l’éducation que se trouve la clé du problème. Apprendre à réclamer ses droits sans s’abaisser à les négocier donnerait aux citoyens une force qui leur fait défaut actuellement.Bien entendu, tout n’est pas noir ; mais le chemin à accomplir est encore long. Pour mener à bon terme les réformes qui s’imposent, la vision du gouvernement doit prévaloir et être connue de tous les citoyens, à travers une communication effective et permanente.




