Criminalité
Alors que pour certains, la période du ramadan correspond à celle de la piété et du recueillement, pour d’autres c’est, hélas, traditionnellement celle du déchaînement. Pas un jour ne passe sans son lot d’histoires d’agressions commises en pleine rue et de l’impunité qui les accompagne. Pourtant, du moins à Casablanca, le spectacle des policiers à [...]
Alors que pour certains, la période du ramadan correspond à celle de la piété et du recueillement, pour d’autres c’est, hélas, traditionnellement celle du déchaînement. Pas un jour ne passe sans son lot d’histoires d’agressions commises en pleine rue et de l’impunité qui les accompagne.
Pourtant, du moins à Casablanca, le spectacle des policiers à moto qui circulent deux par deux est permanent. Sans parler des officiers de la paix en tenue, presque à chaque carrefour.
Pour celles et ceux qui ont été victimes et qui ont franchi le pas en se rendant au commissariat du coin, l’accueil réservé laisse pantois. Il est vrai que fondamentalement, il ne s’agit que de petits larcins, mais l’accroissement de leur nombre est un signe qui ne trompe pas sur la carence des autorités.
Plus globalement, c’est de la question de la gouvernance qu’il s’agit. Obstruction de la chaussée et des espaces publics par des vendeurs ambulants ou agressions des passants sont les deux revers de la même médaille.
La sécurité des citoyens est une des principales prérogatives de l’Etat. La prolifération des atteintes à la libre circulation du fait de l’insécurité permanente ou le détournement de l’espace public, en particulier avec ses conséquences sur la circulation et sur la sécurité routière, tirent profit d’une certaine léthargie des autorités locales occupées à ne pas se faire remarquer. Le syndrome Bouazizi n’est bien entendu pas loin. Mais il y a un monde entre les brimades qui ont conduit ce jeune marchand ambulant tunisien à s’immoler et le respect de la loi qui passe par le respect des individus et de leurs droits.
Sociologiquement parlant, tout phénomène peut s’expliquer; cependant expliquer ne signifie ni justifier ni adhérer. La précarité des conditions de vie d’une tranche de la population est une réalité indéniable, toutefois le recours à la violence ou au déni de la loi ne doit pas être toléré comme palliatif. La banalisation de ces actes doit être combattue avec l’énergie nécessaire, pour éviter que l’espace public devienne une jungle non maîtrisable.

