Objectif planches
La « rétrospective en images de DABATEATR» fleurit les murs du Goethe institut de Rabat, symbiose fraîche entre deux disciplines, le théâtre et la photographie.
«La rétrospective en images de Dabateatr » est un pied-de-nez, à l’instantanéité du théâtre, portée par trois photographes habitués des planches. Trois pellicules, celles d’Alice Dufour-Feronce, Safaa Mazirh et Hassan Ouazzani portent des regards différents sur les moments forts des pièces de théâtre présentées par Dabateatr, depuis le début de leurs activités. L’approche est de l’ordre du documentaire personnel, intime et curieux, et découle d’une symbiose entre photographes et acteurs, et d’un croisement entre objectifs de caméra et spectacles vivants, contrant brillamment l’éphémérité du théâtre. Hassan Ouazzani, grand accompagnateur des activités de la troupe, a photographié les temps forts de la pièce «180°», deuxième collaboration du dramaturge Driss Kskikes et Jaouad Esssouani, après « Il/Houwa » qui interroge le rapport au corps. Le photographe a également documenté la scène culturelle, mettant en images des perspectives surprenantes. Les œuvres en couleur d’Alice Dufour-Feronce font défiler des «moments clefs» qui immortalisent le flot interminable d’actions, de déplacements et de gestes qui forment un spectacle. La jeune photographe effectue des collages de photos d’une même pièce, rejouée à plusieurs mois ou à plusieurs années d’intervalle, rajoutant toujours une couche esthétique. Cette Allemande résidente au Maroc, vraie inconditionnelle des compositions, a accompagné Dabateatr, capturant fidèlement les temps forts de chaque pièce, s’attardant sur l’énergie scénique, les émotions des protagonistes ou l’intensité d’une situation. Les photos en noir et blanc de la jeune photographe Safae Mazirh, qui fait partie de l’association de photographie à Rabat, réussissent à donner une force dramatique aux gestuelles sur scène, grâce à un jeu d’ombre et de lumière, qu’elle prise particulièrement.
activité collective
Les photographies ornent les murs du café Weimar où les clients reçoivent, en même temps que le menu, des textes inspirants qui poussent à la réflexion ou déclenchent des discussions sur des sujets d’actualités. Les textes sont des extraits de performances que l’on retrouve sur les photos et qui ont été jouées sur scène en 2011 ; ces écritures ont vu le jour dans le cadre de l’atelier d’écriture de «Dabateatr Citoyen ‘Lkhabar f’lmasrah’» et font référence aux derniers rebondissements sur la scène politique ou sociale, comme la nouvelle constitution ou les récentes élections au Maroc. Notons que cette activité collective ne se limite pas aux membres de Dabateatr mais implique les citoyens, les incitant à la créativité et à l’écriture, ainsi que de nouveaux metteurs en scène dont notamment le réalisateur Hicham Ayouche, qui a mis son grain de sel en février dernier, pour le grand plaisir des spectateurs. Sur les murs de la salle près du hall d’entrée figurent des notes de Jaoud Essounani, le directeur artistique de «DABATEATR», ainsi que deux collages représentants les temps forts de «La3bodaba», le nouveau programme de résidence artistique initié cette année par le Goethe-Institut de Rabat et DABATEATR. ◆
L’exposition décore les murs du Goethe institut jusqu’au 20 septembre, et se déplacera au Goethe-institut de Casablanca fin septembre. A découvrir, ou redécouvrir.











