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Pellicules marocaines à Grid

Cinq photographes marocains participeront à la Biennale internationale de photographie de Grid, autour du thème les paysages urbains, prévue à Amsterdam le 16 mai. Zoom sur ces dialogues visuels.

Khalil-Nemmaoui

Franked City - ( Parc de la Ligue arabe). Khalil Nemmaoui

Cinq photographes marocains, dont les créations évoluent autour de l’urbain, s’envoleront à Grid le 16 mai, pour illustrer, une fois de plus, le thème de « Paysages urbains ». L’exposition est orchestrée par Alya Sebti, commissaire d’exposition et experte en photographie contemporaine du Maghreb et du Moyen Orien, qui avait participé à la Biennale de Marrakech en tant que spécialiste d’art contemporain au Maroc. Les heureux élus, Leila Alaoui, Zineb Andress Arraki, Houda Kabbaj, Khalil Nemmaoui et Saâd Tazi appréhenderont ce thème, loin des stéréotypes et des clichés qui émaillent l’environnement urbain consensuel, et exploreront, à travers des perspectives différentes, les réalités urbaines réminiscentes d’un imaginaire collectif. Certains comme Zineb Andress Arraki se frotteront à l’urbain industriel, d’autres sonderont des territoires imaginaires comme Saâd Tazi. Leila Alaoui tentera de surmonter les obstacles qui entravent l’eldorado rêvé des populations subsahariennes. Khalil Nemmaoui fouillera dans l’intime et le dépouillé, et Houda Kabbaj explorera le monde vu de sa fenêtre. Des interprétations différentes qui tenteront de cristalliser une vision artistique à mi-chemin entre l’identitaire et l’universel.

L’intime et l’urbain
Leila-AlaouiAlaoui

Crossings (catalogue). Leila Alaoui

La photographe franco-marocaine Leila Alaoui, lauréate du prix Photoafrika 2008, et dont le thème de prédilection est les nomades et la migration, s’est récemment détachée des portraits qu’elle glanait au gré de ses périples, dont « Les Marocains » présentés récemment à Art Dubai, et emprunte la direction de l’abstraction.  « Crossings » raconte une histoire en plusieurs panneaux, symbolisant tous les passages et les épreuves qu’un Subsaharien traverse avant d’arriver en Europe, dont la forêt, le désert, la mer, les frontières.  Zineb Andress Arraki, photographe et architecte, fouille dans les nuances du noir pour redéfinir l’architecture. « Mobilogy » ou « Mobilité » est une série de triptyques qui s’inscrit dans un continuum artistique. L’artiste capte, depuis quelque temps, des clichés pris de son Blackberry, questionnant le familier et la routine, et les travers de la vie frénétique. Zineb Arraki oppose la nature humaine à la nature et la société, et explore l’obscurité pour mettre en lumière les contradictions de l’existence et la lutte constante entre les paradoxes.  De son côté, Khalil Nemmaoui, photographe autodidacte, présentera une sélection de sa série « Images Affranchies » où il montre la face cachée de Casablanca, ville dépouillée, libérée de ses habitants. Il met en avant le paradoxe d’une ville frénétique et chaotique, et montre le surprenant, le vrai, voire même le poétique. Photojournaliste, Khalil Nemmaoui est adepte du formel et du minimalisme visuel. Derrière la grande simplicité de son expression visuelle se cachent des images parlantes, et des détails éloquents. Après avoir trempé dans les portraits humanistes, Khalil Nemmaoui a réalisé la série « La Maison de l’Arbre»,  présentée à la Biennale de Paris Photoquai, organisée par le musée Quai Branly en 2009 et aux rencontres de Bamako en 2011. Il a été nominé au Prix Pictet 2010, et s’adonne, depuis, à la photographie urbaine.  Enfin, Houda Kabbaj, architecte et photographe marocaine, saisit des bribes d’intimité, en se collant à sa fenêtre. Elle capte des mémoires diluées des paysages urbains, et entretient un rapport intime entre sujet, espace et environnement, partant du constat que l’architecture permet de concevoir mieux l’espace et de questionner constamment l’espace urbain et ses thématiques sociales. « Depuis mon plus jeune age, j’utilisais la photographie pour saisir mon environnement, et mon travail photographique est très influencé par mon background architectural », explique-t-elle.  Un quintet jonglera entre identité et imaginaire, explorant l’alchimie entre l’homme et son environnement. ◆

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