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Saïda Baadi : « Il y a de l’espoir au FITUC »

La 24e édition du Fituc rend hommage à un de ses anciens piliers, l’actrice Saïda Baadi, qui a participé activement aux cinq premières éditions du festival. Rencontre.

Saida-Baadi

Hommage rendu à Saïda Baadi par le FITUC. Cette ancienne habituée du festival a participé aux cinq premières éditions en rafflant le Prix de la meilleure interprétation féminine en 1993.

L’actrice Saïda Baadi est mise à l’honneur par la 24e édition du Festival international du théâtre universitaire de Casablanca, aux côtés de l’acteur et metteur en scène Fettah Diouri. Cette ancienne habituée du festival a interprété plusieurs rôles marquants lors des anciennes éditions du FITUC, du temps où elle était étudiante à l’Isadac (institut supérieur d’art dramatique et d’animation culturelle de Rabat), raflant le Prix de meilleure interprétation féminine pour son rôle dans « Salha », présentée en 1993. Discussion.

Vous avez des liens solides avec le FITUC, qui remontent aux années 90. Parlez-nous de cette expérience.
Oui j’ai un rapport d’amour avec le FITUC. Je suis une fanatique de ce festival, mais je l’ai délaissé après 1993 vu que j’ai été prise par ma carrière et ma vie de famille. J’avais joué plusieurs pièces dont « L’ombre du guerrier » de Fawzi Bensaidi qui était étudiant en 3e année, adaptée d’un texte de l’écrivain syrien Saadallah Wannous. Je me souviens que j’ai suivi également un stage de mime et j’ai joué dans le mimodrame « Roméo et juliette ». Mais le meilleur souvenir reste le Prix de meilleure interprétation pour la pièce «Salha » de Abdellah Chakiri en 1993.  C’était une expérience pédagogique plus que tout, un volet prôné avec force par le festival. .. Oui, le FITUC a été une deuxième école pour moi. J’ai fait beaucoup de connaissances, j’ai rencontré beaucoup de nationalités, dont celle du grand réalisateur espagnol Francisco Ortogno et j’ai joué dans beaucoup de pièces. J’ai côtoyé de jeunes acteurs et metteurs en scène marocains qui sont devenus des stars aujourd’hui. Nous étions tous des apprentis, et nous avions accès à des expériences universelles, et à des ateliers qui nous ont formés et enrichis. Tayeb Sediqui, par exemple, nous a donné des cours, et a partagé son expérience avec nous, sans parler des autres grands noms qui nous ont marqués. C’est un événement unique en son genre où l’on peut voir de jolis spectacles, et où l’ambiance générale est fraîche et relax. Au Fituc, il y a de l’espoir.

Vous avez connu et participé à l’âge d’or du théâtre marocain. Que pensez-vous de l’évolution de cette discipline ?
Il est vrai qu’on assiste actuellement à plusieurs variétés théâtrales surtout à Casablanca, dont le théâtre commercial, le théâtre d’adaptation et d’autres, mais je pense qu’il n’y a pas de stratégie claire qui régit le secteur et que le fond d’aide du ministère de la Culture n’est pas suffisant. Où en est-on du théâtre du quartier (Masrah el hay) où l’interaction se faisait avec le citoyen normal et où les salles étaient combles tout le temps? Où en est-on de l’âge d’or du théâtre au  Maroc ? Je ne sais pas quelle est l’origine de la faille : est-ce les gens qui s’habituent à la médiocrité ? Ou est-ce les connaisseurs qui lâchent prise ? Je pense que les gens du théâtre sont découragés par la politique culturelle. Le théâtre me manque, et j’ai envie de retrouver mes émotions d’actrice, mais il est difficile de faire du bon théâtre en ce moment.

Pourquoi cette rupture de vingt ans depuis 1993 ?
Je faisais partie de l’ancienne garde, et j’avais des relations d’amitié avec l’ancienne équipe du festival. et malheureusement, le contact a été perdu avec l’arrivée des nouvelles équipes. Il faut dire que cet hommage vient au bon moment, et m’encourage à mettre le compteur à zéro, après cette longue rupture professionnelle. Cet hommage a fait renaître une envie de faire de belles choses. ◆

Digne représentante de l’ancienne garde

Saïda Baadi glane un palmarès d’actrice confirmée. Diplômée de l’Isadac, elle a fait partie des premiers crus de cette prestigieuse école. Elle était parmi les premiers participants du Fituc, et a participé aux cinq premières éditions, en tant qu’étudiante. De formation théâtrale, elle a jonglé entre télévision, cinéma, et théâtre. A son actif cing long-métrages, sept court-métrages, des télés-films et des pièces de théâtre à la pelle. Sa carrière a été lancée avec le long-métrage de Hassan Benjelloun « Ya reit»  où elle a tenu le premier rôle. Férue de théâtre, elle est pourtant déçue par le laisser-aller théâtral ambiant, qu’elle stigmatise fortement. Sa dernière pièce remonte à 2006  « La femme du pacha » adaptée de la pièce du dramaturge italien Eduardo de Filippo et mise en scène par son mari , Hamid Basguit, et son dernier long-métrage : « Et après » de Mohamed Ismail.

 

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