Yoyo
Miloudi s’est retrouvé avec quelques amis du continent africain pour refaire le monde, ou du moins sa partie africaine. La diversité de langues et de cultures a cela de positif qu’elle oblige les interlocuteurs à couper court pour aller à l’essentiel. Si cela manque parfois de poésie, cela apporte parfois des moments d’hilarité générale due [...]
Miloudi s’est retrouvé avec quelques amis du continent africain pour refaire le monde, ou du moins sa partie africaine. La diversité de langues et de cultures a cela de positif qu’elle oblige les interlocuteurs à couper court pour aller à l’essentiel. Si cela manque parfois de poésie, cela apporte parfois des moments d’hilarité générale due aux erreurs involontaires ou aux contresens. Retranchés sur une île paradisiaque, à l’abri des contingences de la vie quotidienne, le regard qu’ils portent sur la marche du monde, certainement grâce au décalage avec la rapidité des événements et à la concaténation des faits amalgamés par une presse commerciale aguicheuse et orientée, donne à leurs paroles un air de sagesse, même superficielle. La beauté de cette rencontre est le message sur lequel toutes et tous sont tombés spontanément d’accord. La paix et le partage, valeurs humaines fondamentales, loin des volontés d’exclusion et de stigmatisation, sont les bases de la vie. Cela sonnait un peu tristement quand au même moment une nouvelle du pays annonçait qu’un jeune guinéen avait été passé à tabac par des jeunes rbatis. Cela donnait aussi au groupe une occasion de s’inscrire en faux par rapport à la bêtise mère de toutes les violences et de se dresser comme un seul homme face à toutes les exactions commises sur ceux qui sont différents. Parce que nous sommes tous différents par rapport à quelqu’un et que ne pouvant accepter d’être, à ce titre, les victimes, nous ne ne pouvons pas accepter de cautionner les auteurs de violences, où qu’ils soient. Pendant ces quelques journées, le nombre de valeurs communes discutées a été bien plus conséquent que les différences, elles-mêmes bien plus larges que les points de désaccords. D’où l’idée de renouveler l’expérience et de rêver à la liberté première de tout être humain, celle de la conscience mais aussi celle de la liberté de mouvement, n’en déplaise aux marchands de la peur, qui sont souvent les marchands d’armes et les promoteurs de bien des conflits. ◆











