Démocratie
Le 9 avril 1947, feu Mohamed V s’est rendu à Tanger, alors ville internationale, pour affirmer l’unité territoriale du pays. Le discours de Tanger, face aux représentants des puissances étrangères est resté dans les annales comme un tournant dans la quête du pays pour son indépendance. 65 ans plus tard, dans un monde largement remodelé, [...]
Le 9 avril 1947, feu Mohamed V s’est rendu à Tanger, alors ville internationale, pour affirmer l’unité territoriale du pays. Le discours de Tanger, face aux représentants des puissances étrangères est resté dans les annales comme un tournant dans la quête du pays pour son indépendance. 65 ans plus tard, dans un monde largement remodelé, c’est la région entière qui est sous le feu de l’actualité. Dans son discours, le défunt souverain avait, déjà, insisté sur la place du Maroc dans le monde arabe et musulman établissant une communauté de destin incontestable. Plus d’un demi-siècle plus tard, cette fameuse nation arabe présentée, à tort par nos partenaires internationaux, de manière monolithique n’a pas encore réussi à trouver un sujet concret d’unification, mettant en lumière ses contradictions et ses singularités à chaque occasion. La semaine dernière au Caire, Younès Moujahid a appelé, en tant que vice-président de la Fédération internationale des journalistes, à l’adoption d’une Charte arabe pour la protection des journalistes. Cet appel sonne comme l’aveu d’un traitement négatif infligé à l’ensemble de la profession dans le « monde arabe ». Pourtant, la situation varie selon que l’on soit dans un pays en guerre ou non, que l’on soit dans un état avec une volonté démocratique affirmée, comme c’est le cas au Maroc, ou non. Plus globalement, le monde entier, de l’Europe à l’Amérique en passant par l’Asie, semble reconsidérer son rapport à la profession, y voyant un ennemi ou un relais difficile à maîtriser. A y regarder de plus près, c’est une charte internationale qui doit être proposée, parce qu’on le veuille ou non, le « monde arabe » n’est pas le dernier de la classe. Il suffit de rappeler la proposition du président hongrois de museler la presse, au moment même où ce pays prenait la présidence de l’Europe, la mise en examen récente de journalistes en France pour divulgation d’informations dans l’affaire Bettencourt et bien d’autres. Les exemples sont pléthore qui émaillent l’histoire de la liberté de la presse et de son exercice, qui justifient le traitement global de cette faille, sans concessions, dans l’intérêt de la démocratie.

