Le Maroc n’est pas épargné par le phénomène da la désertification. «La désertification peut toucher à des degrés différents toutes les terres arides et semi-arides, soit près de 90% du territoire national». A l’échelle mondiale, 3.6 milliards d’hectares sont touchés par la désertification, soient 25% des terres émergées. 110 pays présentent un risque de dégradation [...]
- Le Maroc n’est pas épargné par le phénomène da la désertification.
- «La désertification peut toucher à des degrés différents toutes les terres arides et semi-arides, soit près de 90% du territoire national».
A l’échelle mondiale, 3.6 milliards d’hectares sont touchés par la désertification, soient 25% des terres émergées. 110 pays présentent un risque de dégradation des terres. Et enfin, les 12 millions d’hectares de terres perdues chaque année à cause de la désertification représentent une perte équivalente à 20 millions de tonnes de céréales et 42 milliards de dollars de revenus. « En termes de population, c’est l’Asie qui est le continent le plus touché par la désertification, mais en termes de surface, c’est l’Afrique. Les 2/3 du continent sont des déserts ou des terres arides » spécifie Hori. Et le Maroc n’est pas épargné par le phénomène. « La désertification peut toucher à des degrés différents toutes les terres arides et semi-arides, soit près de 90% du territoire national », explique Mohamed Ghanam, chef de service de la Coordination et de suivi de la convention de lutte contre la désertification, au sein du Haut commissariat aux eaux et forêts et à la Lutte contre la désertification. La désertification est ainsi une contrainte majeure au développement économique et social, qui touche plus de13 millions de Marocains, ce qui engendre un exode rural et migration interne et à l’extérieur du pays. Concrètement, comment cela se remarque-t-il ? « La dégradation du couvert végétal exprimée par les défrichements pour la recherche de nouvelles terres de cultures, principalement dans les zones Nord (près de 4.800 hectares par année), les incendies qui détruisent près de 3.000 ha/an et l’urbanisation qui ronge l’assiette foncière forestière principalement dans les régions côtières pour des fins d’habitats ou touristiques. Mais également par l’érosion hydrique est intense avec des dégradations spécifiques dépassant 2.000 tonnes/km2/an dans les versants du Rif au Nord du Maroc, entre 1.000 et 2.000 t/km2/an dans le péri-Rif, entre 500 et 1.000 t/km2/an dans les Moyen et Haut Atlas et moins de 500 t/km2/an dans les autres régions. Ou encore dans les régions du Sud et de l’Oriental du pays, l’ensablement dû à l’érosion éolienne, constitue l’une des principales manifestations de la désertification en effet, des agglomérations rurales, des palmeraies, des infrastructures d’irrigation et des voies de communication souffrent de ce phénomène», détaille le cadre des Eaux et Forêts.
Tous les pays ayant ratifié la Convention des Nations unies de lutte contre la désertification ont ainsi l’obligation de préparer et de mettre en place un plan d’action national dans le cadre de la Convention. Et c’est ce qu’a fait le Maroc. Le Programme d’action national de lutte contre la désertification (PAN LCD) a été adopté en juin 2001. Depuis, près de 670.000 ha ont été reboisés, comprenant des plantations de plants forestiers mais aussi des plantes pastorales, y compris le cactus. Les interventions sur le terrain en matière de lutte contre la désertification ne se limite pas aux plantations mais concerne des travaux de conservation des eaux et du sol dans le cadre de l’aménagement des bassins versants sur une superficie de près de 570.000 ha et la lutte contre l’ensablement sur près de 36.000 ha ainsi que la création de 9 parcs nationaux, 24 réserves naturelles et 3 réserves de biosphère, comme mesures préventives de préservation de ressources naturelles. « Une enveloppe budgétaire de plus de 500 millions de dirhams est dégagée annuellement dans le cadre de Lois de finances pour les actions contribuant à la lutte contre la désertification. Par ailleurs, des projets intégrés financés dans le cadre de la coopération internationale et réalisés sur plusieurs années (5 à 6 ans), permettent de mobiliser des ressources financières additionnelles au profit de la mise en œuvre du Programme d’action national dans le cadre de l’exécution de la convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification. Dans ce cadre nous avons pu obtenir un don de près de 6 millions de dollars du Fonds pour l’environnement Mondial comme co-financement d’un projet de lutte contre la désertification dans les hauts plateaux de l’Oriental », conclut Ghanam.




