Dialogue
Après la hausse du prix des carburants, la reprise du dialogue social risque de se faire orageuse entre un gouvernement dont la marge de manœuvre est limitée – pour cause de crise économique généralisée – et des acteurs sociaux qui doivent « arracher » quelque chose pour satisfaire leur base. L’enjeu en question est d’éviter une paralysie [...]
Après la hausse du prix des carburants, la reprise du dialogue social risque de se faire orageuse entre un gouvernement dont la marge de manœuvre est limitée – pour cause de crise économique généralisée – et des acteurs sociaux qui doivent « arracher » quelque chose pour satisfaire leur base. L’enjeu en question est d’éviter une paralysie par des grèves qui aggraveraient la situation déjà fragile.
C’est la raison pour laquelle il est important de scinder les revendications entre celles qui participent de l’amélioration des conditions de travail et du cadre légal, en général, et celles qui font appel à des ressources financières indisponibles qui pourraient faire l’objet d’un calendrier conditionnel, associé à la situation économique, au plan national. En quittant la table des négociations, puis en se livrant à une démonstration de force, la Confédération démocratique du travail (CDT) et la Fédération démocratique du travail (FDT) jouent à quitte ou double. En accusant le gouvernement d’ignorer délibérément les attentes de la classe ouvrière, elles laissent croire que l’équipe de Abdelilah Benkirane dispose de moyens mal affectés et attisent, de manière directe, des conflits dont la fin est connue d’avance ; ce qui pourrait se retourner contre leurs instigateurs. En quittant les négociations, ces deux centrales auront plus de mal à convaincre de leur apport ; quel que soit l’accord trouvé. Et elles ne pourront pas en tirer une légitimité supplémentaire ; ce qui, dans une situation globale, où le syndicalisme ne séduit plus, reviendrait à se tirer une balle dans le pied. Enfin, quel que soit le périmètre des discussions, il ne serait pas superflu que les représentations syndicales et le gouvernement travaillent, main dans la main, pour faire des propositions concrètes afin de minimiser les effets de la crise sur les salariés et, par ricochet, sur l’économie en général. Encore une fois, c’est l’intérêt général qui doit être convoqué et non pas des vues corporatistes, antagonistes, qui ressemblent parfois à une politique de terre brûlée.

