Agadir : la station de dessalement en retard
Prévue initialement pour fin 2012 début 2013, la station, coûtant un milliard de dirhams, devrait encore accuser du retard, confie au Soir échos Tarik Kabbaj, maire d’Agadir, lors de la cérémonie d’ouverture des 1ères assises régionales des énergies renouvelables et du développement durable, mercredi à Agadir.

Les premières assises régionales des énergies renouvelables et du développement durable (Energia) d’Agadir, ont été placées sous le thème “ Ensemble, construisons un monde durable”.
La situation est telle que les Soussis devraient prendre encore leur mal en patience. D’autant plus vrai que les eaux souterraines enregistrent une accentuation de la salinité, ajoute Kabbaj. Face à ce contexte qui ne cesse de s’aggraver les autorisations de forage d’eau continuent d’être livrées sans contraintes, de même que l’irrigation des espaces verts se fait encore à partir de l’eau potable. Le tout sans parler des grands efforts à déployer en matière de réutilisation des eaux usées, toujours d’après le maire, sachant que la capitale du Souss est pionnière en matière d’économie verte. L’approvisionnement en eau est certes vital. La sécurisation de l’approvisionnement énergétique n’est pas en reste, voici qui justifie tout l’intérêt de la tenue de ces premières assises en partenariat avec le gouvernement des Îles Canaries.
Des échanges tous azimuts
Cette coopération, faut-il le souligner n’est pas fortuite. Nos voisins traditionnels mettent les bouchées doubles surtout avec ces temps si durs de crise pour « promouvoir davantage les relations commerciales et la coopération bilatérale », comme l’a souligné la ministre canarienne de l’Emploi, de l’industrie et du commerce, Margarita Ramos. La quête de nouveaux projets portant sur les domaines du transport, de l’habitat, de la gestion des déchets ou encore celle des ressources hydriques explique, en quelque sorte, la mise en place du programme opérationnel de coopération transfrontalière Espagne-Maroc (Poctefex). Après le premier appel d’offres dudit programme (4 millions d’euros), le second, représentant un investissement de plus de 14 millions d’euros, porte sur vingt projets ayant trait à la gestion des ressources énergétiques, l’efficacité énergétique et la protection de l’environnement. Le terrain de la coopération transfrontalière entre le Maroc et l’Archipel est déjà balisé via la mise en place de liaison aérienne (Agadir-Las Palmas), à raison de deux vols par semaine, ainsi que de lignes de connexion maritime.
Enormes gâchis
Kabbaj invite ainsi les officiels marocains à profiter de l’expertise cannarienne. À ses yeux, cette dernière est en mesure d’épargner à l’économie d’énormes gâchis et dysfonctionnements au niveau de la gestion. La raison de ce désordre tient « à la discordance observée entre la politique gouvernementale et les politiques locales ». Cela ne voudrait pas dire pour autant que le développement de projets d’intégration régionale dans le domaine des énergies renouvelables, par exemple, n’est pas sans… Il reste tributaire de bien de conditions : « législation, régulation des marchés, intégration industrielle, recherche et innovation technologique, renforcement des capacités humaines, intégration des marchés énergétiques, mise en œuvre de mécanismes de financements… », précise Mohamed Yahya Zniber, secrétaire général du ministère de l’Énergie, des mines, de l’eau et de l’environnement. Les premières assises régionales des énergies renouvelables ont été également l’occasion de débattre sur la technologie optimale pour fournir l’énergie solaire en ligne avec la station de Ouarzazate. Certes les prix de la technologie solaire photovoltaïque ont chuté de près de 75 %, mais le solaire thermique à concentration (CSP) reste la technologie retenue par la Masen, du moins pour cette première centrale. « Il n y a pas que le coût. d’autres variables d’ordre technique et industriel justifient le recours au CSP : intégration réseau, impact de l’intermittence, intégration industrielle, problème du stockage…sans oublier le fait que les bailleurs de fonds soutiennent le CSP », explique Mohamed Bernannou, haut responsable de la Masen. ◆
Première édition d’Energia
Les premières assises régionales des énergies renouvelables et du développement durable (Energia), organisées les 13 et 14 juin à Agadir, ont été placées sous le thème “ Ensemble, construisons un monde durable”. La première édition de ces assises a constitué une opportunité d’échange et de partage d’informations entre les différents participants, acteurs et chercheurs nationaux et internationaux dans les domaines de l’énergie, de l’environnement, du bâtiment et de l’habitat, de l’économie et de la société civile. Cette manifestation a aussi permis de concrétiser une réflexion scientifique et responsable autour de l’application de l’efficacité énergétique dans les chantiers de demain et dans l’essor des régions du Maroc.











