Communication financière : à quand le bout du tunnel ?
Une étude réalisée par le CDVM montre que les bonnes pratiques de communication financière n’ont pas encore été adoptées par l’ensemble des émetteurs marocains. Détails.
Le chemin est encore long avant que les émetteurs marocains n’adhèrent tous aux bonnes pratiques de la communication financière. C’est, en substance, ce qui ressort de la dernière étude publiée par le Conseil déontologique des valeurs mobilière, (CDVM). Cette étude désignée «pratiques de la communication financière des émetteurs, état des lieux sur la période 2010-2011» a pour objet, selon le CDVM, de « décrire les pratiques de communication des émetteurs marocains sur les deux derniers exercices (2010-2011), faisant ressortir les manquements ou insuffisances en termes de communication enregistrés».
Publications insuffisantes
Ainsi, il ressort de cette étude que lorsqu’il s’agit de respect des délais de publication, trois mauvais élèves se font remarquer, dont deux sont des émetteurs de titres de créances nouvellement assujettis aux obligations d’information. Il est à noter qu’au titre de l’exercice 2011, 50% des émetteurs ont attendu le dernier jour du délai réglementaire de publication pour publier leurs comptes. Par ailleurs, plus de 50% des émetteurs ont procédé directement à la publication de leurs comptes annuels 2011, avant le 31 mars 2012, bénéficiant ainsi de la dispense de la publication au titre du second semestre 2011. Quant au respect de l’exhaustivité de l’information financière, il a été observé chez 92% des émetteurs alors que 8% ont enregistré certaines omissions. Il s’agit notamment de la non publication de l’attestation ou du rapport des commissaires aux comptes, du périmètre de consolidation, du tableau des titres de participation ou de l’état des dérogations comptables. « Le CDVM a saisi par courrier les émetteurs concernés pour qu’ils procèdent à des publications complémentaires », souligne en outre l’étude qui précise également que la majorité de ces émetteurs ont régularisé leur situation en procédant à des publications complémentaires. S’agissant des émetteurs assujettis a la consolidation, ils ont été, en 2011, au nombre de 50. Seulement 24 émetteurs assujettis à la consolidation ont opté pour les normes IFRS. Toutefois, 2 émetteurs non assujettis à la consolidation mériteraient une palme d’or pour avoir publié des comptes consolidés à titre volontaire. Par ailleurs, le CDVM a accordé une attention particulière aux rapports des commissaires aux comptes accompagnant les états financiers des émetteurs, ainsi qu’au rapprochement entre les réalisations et les prévisions des émetteurs, les irrégularités comptables et les comptes pro forma.
Erreurs dans les commentaires
C’est ainsi qu’il a été relevé qu’en 2011, les commissaires aux comptes de 26 émetteurs ont formulé des réserves et/ou observations sur les états financiers publiés. Certains émetteurs ont d’ailleurs été concernés par plusieurs réserves ou observations. 10 réserves ont porté sur les notifications fiscales, généralement rejetées par les émetteurs concernés et dont les montants n’ont pas été communiqués au public. Les commissaires aux comptes de ces émetteurs déclarent généralement ne pas être en mesure de se prononcer sur le dénouement de ces contentieux. En termes de réalisations, 37% des émetteurs ont observé des contreperformances en 2011. 14 émetteurs ont enregistré des variations significatives de leurs résultats rompant avec l’historique de leurs réalisations, dont 11 ont publié des profits warning avisant le public des contreperformances attendues en précisant les causes et les perspectives d’avenir. À noter qu’un émetteur, ayant enregistré une rupture avec l’historique de ses réalisations en 2011, n’a pas publié de profit warning au moment opportun. Parmi les pratiques de communication adoptées par les émetteurs ces dernières années, il convient de signaler celle concernant le commentaire des réalisations par le management, notamment à travers les réunions d’analystes et les commentaires accompagnant les états financiers publiés. Au titre de l’exercice précédent, 77 émetteurs, dont 6 non cotés, ont publié des commentaires de résultat. Parmi eux, 5 ont publié des commentaires de résultats contenant des erreurs et ont indubitablement été saisis par le CDVM. ◆
Description de l’échantillon
Pour les besoins de cette étude, ont été sélectionnés les émetteurs de droit marocain représentant 86% de l’ensemble des émetteurs faisant APE au Maroc. L’échantillon compte 99 émetteurs au terme de l’exercice 2011. L’ensemble de l’échantillon compte 77 sociétés dont les actions sont cotées à la Bourse de Casablanca et 22 représentent des émetteurs de titres de créances.












