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Vers une dynamisation du marché de la dette privée

Le cycle de conférences « Les Intégrales de la finance », lancé vendredi dernier à Casablanca, a eu le mérite de relancer le débat sur le sujet du marché de la dette privée et les alternatives au financement bancaire.

Cette première rencontre tenue vendredi à Casablanca a réunie plusieurs professionnels du secteur financier.  Photo Yassine TOUMI

Cette première rencontre tenue vendredi à Casablanca a réunie plusieurs professionnels du secteur financier. Photo Yassine TOUMI

Le cycle de conférences « Les Intégrales de la finance », initié par l’Institut CDG et CDG Capital, a été lancé vendredi dernier à Casablanca, par une rencontre intitulée « Marché de la dette privée : quelle alternative au financement bancaire ? » Objectif : débattre de questions financières d’actualité et structurantes, dira en ouverture Anas Alami, directeur général de la CDG. Cette première rencontre s’inscrit, ainsi, dans le premier volet de ce cycle de conférences dont l’organisation a choisi la thématique « Construire les bases d’une intermédiation bancaire réussie ». La situation actuelle du crédit bancaire, la réglementation en matière d’investissement de dette privée et la situation actuelle du marché de la dette étaient les principaux exposés faits lors de cette rencontre.

Traitant de la situation actuelle du crédit bancaire Abderrahim Bouazzaoui, directeur de la Supervision bancaire à Bank Al-Maghrib (BAM), a expliqué que  le cycle du crédit au Maroc « bénéficie d’un système financier assez solide » grâce au développement du réseau bancaire de proximité, au renforcement du dispositif de gestion du risque de l’amélioration de l’information financière, et à l’inexistence de facteurs entravant la concurrence.

Selon lui, le crédit a alimenté de manière assez marquée le marché financier. Toutefois, il connaît une double contrainte: une offre limitée pour la TPE, accouplée à une faible demande de services financiers de la part des entreprises, d’une part, et une faible demande de crédit par ces dernières d’autre part. Il a, par la suite, noté que la dette privée prenait de l’ampleur dans ce financement, avec des prises de risque compétitives.

Recommandations du CDVM

Établissant une radioscopie de la dette privée, Hassan Bouknadel, directeur général du CDVM, explique que malgré une forte dynamisation des levées depuis 2008, la contribution de la dette privée au financement de l’investissement reste timide. Il a présenté, dans ce sens, un ensemble de propositions légales, réglementaires et organisationnelles.

Le premier volet comprend la clarification du régime des titres de créance, l’ouverture de l’émission d’obligation à d’autres catégories d’émetteurs, l’assouplissement des procédures légales de prise de décision d’émission et la diversification de produits obligataires sur le marché.

Dans le second, il a été question de la réduction des redevances du CDVM pour les émetteurs disposant d’une notation, de l’aménagement des frais de transaction des obligations cotées et de l’allégement de l’obligation de publication des perspectives au niveau des notes d’information.

Enfin, dans le troisième volet, il en va de la dynamisation de la liquidité des titres obligataires, de la mise en place d’une plateforme à même d’accompagner la visibilité du marché, de la diffusion des cours des transactions et de l’affichage de la profondeur du marché. Abdessamad Issami, directeur général adjoint de CDG Capital a, lui, traité de la situation actuelle du marché de la dette, indiquant que, actuellement, le financement de l’économie se fait principalement via le crédit bancaire.

Concernant le financement des entreprises, la Bourse vient en tête avec 36 %, suivie par les banques (35 %) et la dette privée (11 %), notant au passage un net ralentissement dans la production des crédits bancaires à partir de 2008.

Dette privée, des avantages indéniables

Selon Abdessamad Issami, l’introduction en Bourse ne joue pas pleinement son rôle dans le financement des entreprises. Le secteur financier, quant à lui, reste le principal émetteur de dette avec une évolution des valeurs d’émission pendant les quatre dernières années. Le secteur financier a également de plus en plus recours à la dette privée, laquelle est émise principalement par le secteur bancaire. Enfin, les titres obligataires restent très prisés par le investisseurs institutionnels (OPCVM : 8 % ; Caisses de retraites : 80 % ; assurances : 20 %). Hamid Tawfiki, administrateur-DG de CDG capital, a présenté les avantages de la dette privée.

Ce sont notamment la diversification des sources de financement, la consolidation du marché, l’optimisation des coûts de financement. Toutefois, la dette privée souffre de quelques faiblesses, notamment du déficit d’information fiable régulière et structurée, du cadre réglementaire et légal en développement d’une culture de risque assez limitée chez les banquiers, et du manque de liquidité. Il est clair aujourd’hui que le désintéressement du système bancaire marocain, compte tenu de sa santé et de sa qualité, relève du nécessaire et non pas d’un luxe.◆

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