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Le PMV maintient le cap

Depuis la mise en place du Plan Maroc Vert, un comité Gouvernement/Partenaires assure le suivi de sa réalisation. La 3e réunion de ce comité s’est tenue hier à Skhirat et a permis aux deux parties de débattre des points
de blocage et des améliorations à faire.

Aziz-Akhannouch

Aziz Akhannouch, ministre de l’Agriculture et de la Pêche maritime, confiant grâce aux dernières pluies, a appelé à plus d’optimisme.

Devenu coutume depuis quelques années déjà, le comité Gouvernement/Partenaires chargé du suivi de l’état d’avancement de la mise en œuvre des contrats-programmes, lancés dans le cadre du Plan Maroc Vert dans les différentes filières agricoles, s’est réunis hier à Skhirat. Ce bilan d’étape, qui intervient dans une conjoncture assez délicate, marquée notamment par le retard des précipitations présageant d’une campagne agricole difficile, a été l’occasion pour le ministre de l’Agriculture et de la Pêche maritime, Aziz Akhannouch, de rassurer le panel des professionnels présents à la réunion. Ce dernier a précisé, à juste titre, que « nous assistons à une année qui ne ressemble pas aux années précédentes, marquée par le retard des pluies. Dans ce contexte, la campagne agricole ne serait ni mauvaise ni bonne. Le Gouvernement a adopté une batterie de mesures pour y faire face en allouant une enveloppe de 1 milliards et 350 millions DH pour soutenir les régions et provinces affectées, dont 75 % pour la protection des cheptels ». Ajoutant qu’ « il faut garder espoir. La situation pourrait être corrigée grâce aux précipitations de cette semaine et celles qui viendront durant le mois en cours. Il faut en plus garder le cap pour atteindre les objectifs du Plan Maroc Vert, dont le bilan est positif à plus d’un titre ».

Des réalisations positives

En effet, les bonnes conditions climatiques et l’implication effective des partenaires ont permis d’atteindre des réalisations positives durant la période 2007-2011. D’après le ministre, cette période a connu l’équipement de 129 900 ha avec des outils d’irrigation au compte-goutte. De même, le taux de l’utilisation des semences sélectionnées s’est amélioré de 50 % pour atteindre 1,1 million de quintaux en 2011 en ce qui concerne les semences de céréales. A cela s’ajoute la hausse du nombre de tracteurs utilisés pour chaque hectare de 27 %. En matière d’appui et de soutien en financement, la période a connu le lancement de 108 projets pour un investissement de 25,5 milliards DH dans une première initiative, et 224 projets en seconde phase pour un coût de 8,83 milliards DH. En plus de cela, le ministre rappelle le lancement de construction de six agropoles, dont les travaux d’aménagement de deux d’entre eux, basés à Meknès et à Berkane, prendront fin en septembre 2012. Parallèlement, la valeur des aides offertes pour encourager les investissements agricoles a connu une hausse considérable. Celle-ci a atteint, en effet, 2,3 milliards DH en 2011 contre 1,5 milliard en 2008. Au final, le niveau de production agricole a progressé de 40 %.

Le compte est bon

Par filière également, le compte est bon. Sur certains aspects, les réalisations dépassent même les objectifs. C’est le cas notamment du contrat-programme lié aux agrumes. D’après le ministre: « Nous avons atteint non seulement les objectifs de cette année mais même ceux fixés pour 2018, à l’exception du volet export et du renouvellement des plantations ». D’ailleurs, cette filière a connu le lancement de 7 projets pour un investissement total à terme de 704 millions DH au profit de 625 agrégés. Pour ce qui est de la filière maraîchère et primeurs, l’année 2011 a connu le lancement de 3 projets pour un investissement total à terme de 330 millions DH au profit de 299 agrégés et de 2 projets pour un investissement total à terme de 20 millions DH au profit de 2 480 agriculteurs. La filière oléicole a connu le lancement de 7 projets d’un investissement de 810 millions DH dans le cadre de l’agrégation et de 26 projets pour un investissement total à terme de 580 millions DH. La filière céréalière a, quant à elle, connu le lancement de 9 projets pour un investissement total à terme de 400 millions DH au profit de 4 800 agrégés et le lancement de 5 projets pour un investissement total à terme de 29 millions DH aux 1 050 bénéficiaires.  Par ailleurs, la filière sucrière n’a connu le lancement que d’un seul projet, d’un investissement global de 900 millions DH, au profit de 9 000 agrégés. Ces chiffres-là ne sont cependant probablement pas satisfaisants car, selon Abir Lemseffer, directrice de la stratégie et des statistiques au sein du ministère de l’Agriculture, il faudrait revoir les termes du contrat-programme de la filière sucrière. Pour le reste, les professionnels ont souligné, qu’hormis la question des aléas climatiques pour lesquels il faudra mettre en place un système d’assurance généralisé, la commercialisation est le point névralgique à traiter en urgence. En effet, d’après le président de la Fédération des chambres d’agriculture du Maroc, El Habib Ben Ettaleb: « En plus des conditions climatiques, les conditions économiques sont encore plus serrées. Aujourd’hui, il est plus difficile de commercialiser que de produire ».

Le marché interne d’abord

Autrement dit, le Plan Maroc Vert a plus de chances de réussir en terme d’augmentation des quantités produites, mais pas forcément en terme de quantité commercialisée. Dans un tel contexte, nombreux sont les professionnels qui ont mis l’accent sur la nécessité de porter plus d’intérêt au marché national, qui récupère l’essentiel de la production marocaine, et sur l’urgence que présente la réforme des marchés de gros.◆

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