Amalgame
L’assassinat de diplomates et la mise à sac des représentations américaines en Libye et en Égypte suite à la diffusion d’un film, américain, anti-islam sur internet est à condamner avec la plus grande fermeté. La volonté de museler ceux dont on ne partage pas les points de vue est une chimère qui peut conduire à [...]
L’assassinat de diplomates et la mise à sac des représentations américaines en Libye et en Égypte suite à la diffusion d’un film, américain, anti-islam sur internet est à condamner avec la plus grande fermeté. La volonté de museler ceux dont on ne partage pas les points de vue est une chimère qui peut conduire à des situations dramatiques comme celles de ce mercredi. La flambée de violence qui a secoué Benghazi et le Caire n’est certainement pas aussi spontanée que l’on voudrait nous faire croire. Elle est peut-être l’exutoire d’une crise de confiance, ou identitaire ou autre et a profité de ce fait divers, la sortie d’un film financé jusqu’à preuve du contraire, par un groupe d’individus racistes, pour justifier une réaction à une agression qui n’a rien à voir avec la position officielle d’un pays, les États-Unis. En tant que musulmans, nous devons condamner ces actes qui ajoutent de l’eau au moulin de nos détracteurs. Détracteurs qui sautent sur la moindre occasion pour élaborer des théories, les unes plus absurdes que les autres, légitimées par des individus marginaux, présentés comme représentatifs du monde arabo-musulman dans son ensemble. En tant qu’individus doués de raison, nous avons le devoir de savoir écouter et accepter le point de vue de ceux qui ne partagent pas le notre ou de passer notre chemin sans lui accorder plus d’importance qu’il n’en mérite. Non pas pour le glorifier, mais parce qu’il existe et que nous n’en montrerons les limites éventuelles que par la production intellectuelle de contre-arguments, par des discussions, mais en aucun cas par la violence. Enfin, ce n’est pas en adoptant une attitude défensive que l’on réussira à rétablir la vision d’une civilisation riche et humaine. Réagir à la moindre ineptie proférée sur le globe est consommateur d’énergie, sans que l’on puisse contrer toute cette production. Or cette énergie, utilisée à bon escient, dans un esprit positif et de tolérance serait la meilleure arme contre ceux qui cherchent à nous discréditer.











