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Pacte

Les élections qui ont permis à Abdelilah Benkirane d’accéder à ses fonctions sont un pacte entre les électeurs, c’est-à-dire le peuple, et le gouvernement. Basé sur la confiance et la volonté de la majorité de voir la société évoluer dans un sens précis, ce mandat nécessite une communication régulière pour rassurer et partager les questions [...]

Les élections qui ont permis à Abdelilah Benkirane d’accéder à ses fonctions sont un pacte entre les électeurs, c’est-à-dire le peuple, et le gouvernement. Basé sur la confiance et la volonté de la majorité de voir la société évoluer dans un sens précis, ce mandat nécessite une communication régulière pour rassurer et partager les questions et les difficultés qui se présentent.La récente augmentation du prix des carburants, légitime malgré sa timidité, est une nécessité facile à comprendre si on ne fait pas dans la démagogie. Le Maroc vit au dessus de ses moyens et toute décision de revoir les dépenses à la baisse est bonne à prendre.  Mais quelle que soit la décision avancée, elle subira le feu nourri des critiques qui y verront une manœuvre pour « éviter les vrais problèmes », une erreur de timing, ou Dieu seul sait combien d’autres d’arguments tous aussi imparables les uns que les autres. Le fait est qu’il faut bien commencer quelque part et ajuster le tir au fur et à mesure comme semble le faire l’équipe en place.
En définitive, le plus important reste le mouvement imprimé par le gouvernement qui, lors de la présentation de son bilan, pourra quantifier les réformes défendues. La dernière annonce par le ministre Boulif d’une augmentation du prix du lait laisse toutefois une impression désagréable. Préfigurerait-elle une nouvelle étape dans un plan d’augmentations généralisé dont les électeurs seraient tenus à l’écart ? Ne serait-il pas dans ce cas plus légitime pour celles et ceux qui ont fait confiance à ce gouvernement d’avoir une idée globale, précise et détaillée des hausses à venir si elles ont déjà été discutées ? Si le Maroc doit adopter un plan d’austérité, les Marocains sont largement en mesure de le comprendre, au vu des conjonctures nationale et internationale. Mais avancer de manière insidieuse serait une mauvaise approche. La clarification des choses permettrait de mesurer l’effort que nous devons collectivement réaliser, tandis que le saupoudrage d’augmentations ne donnerait qu’une vision brouillonne de l’action gouvernementale.

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