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Sécurité routière

A la base de toute possibilité ou volonté de vivre ensemble, la confiance est le socle en l’absence duquel aucune construction n’est possible dans la durée. Confiance dans les institutions qui représentent l’intérêt de chaque citoyen. Confiance dans l’avenir grâce à l’engagement du pays sur la voie de la démocratie et de la justice. Confiance [...]

A la base de toute possibilité ou volonté de vivre ensemble, la confiance est le socle en l’absence duquel aucune construction n’est possible dans la durée. Confiance dans les institutions qui représentent l’intérêt de chaque citoyen. Confiance dans l’avenir grâce à l’engagement du pays sur la voie de la démocratie et de la justice. Confiance enfin en soi et dans la possibilité de s’accomplir dans un environnement prédictible. A l’opposé, la corruption est le grain de sable qui brouille les pistes, détourne les énergies et participe à l’affaiblissement de la société dans son ensemble.L’accident de mardi à Khénifra, le lendemain du lancement de la deuxième caravane nationale pour la sécurité routière est un rappel violent de la dangerosité de la route au Maroc. Le rapport élastique des conducteurs au code de la route, la mansuétude de la maréchaussée, parfois intéressée, sont les principales causes des drames qui coûtent chaque année une fortune aux collectivités locales. Sans évoquer la dimension humaine qui ne peut être quantifiée. Le problème de la sécurité routière se confond, à tort, avec celui d’une liberté individuelle perçue sans limites. Celle qui, érigée en droit, permet à chacun de se déplacer à sa guise. Parfois en état d’ébriété, parfois à bord d’une épave qui ne trouverait même pas de place dans un décor de mauvais film. Bien entendu, la question des transports ne peut se résumer au comportement de quelques chauffards, mais pose les questions fondamentales de la confiance dans les institutions et du rôle de l’état dans la gestion de l’espace routier. Sur le plan technique, qualité du réseau, comme sur le plan organisationnel, disponibilité de moyens de transports publics ou communs adéquats. L’état de délabrement avancé de véhicules impliqués dans des accidents est certes à souligner, mais le rôle de ces engins, sur le plan social et sur le plan du désenclavement ne sauraient être ignorés. S’ils n’excusent rien, ces paramètres expliquent, en partie, le triste palmarès qui fait du Maroc l’un pays où la route est la plus meurtrière et appellent par conséquent à un traitement global de la question.

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