UA
Le Maroc, qui a quitté l’Union africaine pour protester contre l’admission du Polisario en tant qu’état, se justifiait pleinement. Cependant, cette prise de position n’est peut-être pas la meilleure au plan diplomatique. La politique de la chaise vide est pain béni pour les séparatistes dont le seul effort est de se présenter quelque part pour [...]
Le Maroc, qui a quitté l’Union africaine pour protester contre l’admission du Polisario en tant qu’état, se justifiait pleinement. Cependant, cette prise de position n’est peut-être pas la meilleure au plan diplomatique. La politique de la chaise vide est pain béni pour les séparatistes dont le seul effort est de se présenter quelque part pour que le Maroc en sorte. Il faut toutefois minimiser l’impact de la non-présence marocaine au sein de l’UA parce que la politique continentale mise en place depuis plus de dix ans a facilité la création d’un maillage exceptionnel qui permet au Maroc d’être présent et, par le biais de sa politique d’investissements, d’être le second acteur après l’Afrique du Sud, avec des relations concrètes avec la plupart de nos voisins. Un peu comme si l’Union africaine n’était pas le seul relais de la diplomatie régionale. C’est certainement ce constat qui pousse régulièrement les amis du Maroc à réintégrer cette instance, étant persuadés que le Maroc, mais aussi et surtout l’Union, en tireraient profit. Aujourd’hui, si l’on décidait d’inverser la donne et de nous imposer avec force au sein de toutes les instances africaines en diluant la présence des séparatistes, nous pourrions donner encore plus de poids et de visibilité au Maroc en marginalisant les vues de ceux qui tentent de nous discréditer, ne serait-ce qu’en nous offrant la possibilité de contredire leur discours par des arguments factuels. Le Maroc n’a pas besoin d’énumérer tout ce qu’il fait avec ses voisins pour s’attirer la sympathie des peuples et des dirigeants africains. Le résultat sur le terrain parle pour notre diplomatie, mais aussi pour nos entrepreneurs qui ont pris le train africain de façon naturelle, il y a plusieurs années déjà. Aujourd’hui, en étant plus offensifs, en gênant les séparatistes dans les rares agoras où ils peuvent raconter tout et son contraire, sans apporter le moindre soupçon de preuve, les Marocains peuvent casser la spirale des mensonges et des manipulations. Mais au delà de tout cela, les enjeux du continent appellent à une grande cohésion, et l’UA peut en être le lieu privilégié. Un retour permettrait, symboliquement, de lui reconnaître cette dimension et de minimiser la place réservée à un conflit stérile qui agonise.











