Enfin une commission pour rédiger la constitution égyptienne
Après la suspension, il y a près de trois mois, de la précédente commission, à majorité islamiste, par la justice égyptienne, le Parlement vient de mettre sur pied une nouvelle commission chargée de rédiger la constitution du pays.

Des membres du Parlement égyptien mardi lors de la désignation de la commission chargée de rédiger la constitution.
Le Parlement égyptien dominé par les Frères musulmans a, enfin, réussi à mettre sur pied la commission chargée de rédiger la nouvelle Constitution du pays le plus peuplé du monde arabe. Cette commission a été désignée lors d’une réunion commune du Parlement et du Sénat. La mise en place de cette instance intervient près de trois mois après la décision de la justice de suspendre une première commission, formée fin mars et dominée par les islamistes. Les partis libéraux et de gauche avaient alors décidé de se retirer de cette commission, affirmant que leur présence ne faisait que servir de caution aux islamistes pour la rédaction d’une loi fondamentale reflétant leurs options politico-religieuses. Pour cette fois, les choses ont semblé s’améliorer au sein du Parlement, mais toutefois, cinquante-sept députés, issus de partis libéraux et de gauche ainsi que des indépendants, se sont retirés de la réunion dans l’après-midi pour dénoncer les projets des islamistes visant, selon eux, « à obtenir une majorité décisive au sein de la commission ». 1 300 candidats étaient en lice et la commission ne doit compter que cent membres.
Quid de la présidentielle ?
Dans un communiqué, publié mardi après le vote, le Parti de la justice et la liberté (PJL) des Frères musulmans a parlé d’un jour historique. Cette élection de la commission, chargée de rédiger le texte fondamental de l’Égypte, intervient également en pleine campagne pour le second tour de la présidentielle qui se déroulera, samedi et dimanche prochains. Et la tension ne fait que monter entre les deux candidats en lice, le dernier Premier ministre de Hosni Moubarak, Ahmed Chafiq et le candidat des Frères musulmans Mohamed Morsi. Ahmed Chafiq a accusé la confrérie d’avoir organisé des violences lors de la révolte qui a balayé l’ancien régime en février 2011.« La victoire d’un islamiste mettrait la nation en danger », avait-il lancé après l’annonce des résultats du premier tour où il a obtenu 23,6 contre 24,7 pour son adversaire. Dans un entretien à l’AFP, le cacique de l’ancien régime a, aussi, estimé que les Égyptiens avaient commis une « erreur en faisant des Frères musulmans la principale force au Parlement ». Toutefois, plusieurs manifestants protestent depuis l’annonce des résultats du premier tour, notamment sur la célèbre Place Tahrir pour réclamer de la Haute cour constitutionnelle, l’annulation de la candidature de Ahmed Chafiq pour le second tour. Cette décision de la plus haute instance du pays doit intervenir aujourd’hui. ◆

