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Enseignement : Le syndicat istiqlalien en colère

Les syndicats devront tenir, cette semaine, une réunion avec la secrétaire d’Etat chargée de l’enseignement scolaire. L’UGTM exige un dialogue autour des difficultés de l’enseignement». Le plan d’urgence n’a pas convaincu les syndicats. leïla hallaoui M oins d’un mois après la rentrée scolaire, les syndicats se font entendre. Ils tiendront, cette semaine, une réunion avec [...]

Les syndicats devront tenir, cette semaine, une réunion avec la secrétaire d’Etat chargée de l’enseignement scolaire.

L’UGTM exige un dialogue autour des difficultés de l’enseignement».

Le plan d’urgence n’a pas convaincu les syndicats.

leïla hallaoui

M

oins d’un mois après la rentrée scolaire, les syndicats se font entendre. Ils tiendront, cette semaine, une réunion avec la secrétaire d’Etat chargée de l’enseignement scolaire, Latifa Labida. Ordre du jour: discuter de ce qui ne va pas. «Nous ne voulons plus de ces réunions d’information où le ministère nous présente des exposés et des statistiques. Nous voulons dorénavant des réunions/dialogues pour débattre et résoudre les difficultés dont souffre l’enseignement», lance le secrétaire général de la Fédération autonome de l’enseignement relevant de l’UGTM (FAE-UGTM), Mohamed Sheimad.

C’est le message qu’a tenu à transmettre au ministère de l’Education nationale l’UGTM ainsi que les quatre autres centrales syndicales (CDT, FDT, UNTM et UMT) à l’occasion d’une réunion organisée, mercredi 21septembre à Rabat. «Il était nécessaire et vital, pour nous, de définir clairement le but de nos rencontres avec le ministère, car ce dernier se contentait à chaque fois de simples communications. Madame la secrétaire d’Etat s’est montrée ouverte à notre vision et nous a promis une rencontre cette semaine», révèle ce responsable. En fait, les syndicats veulent réactiver leur rôle et débattre d’une réalité bien loin des  ambitions affichée du plan d’urgence. «Cela fait deux ans que ce plan est lancé, mais nous n’avons constaté aucun changement», déclare Mohamed Sheimad. Ce que les syndicats ont constaté, c’est plutôt un recul de plus en plus important au fil des années. C’est en tout cas ce qu’ils attestent en soulignant, par exemple, l’élimination de certaines matières. «Figurez-vous qu’à Inzeggane, les activités d’éducation physique ont été complètement supprimées! Les enseignants spécialisés dans ce domaine n’ont désormais plus de fonction là-bas!», dénonce ce responsable.

Et de rappeler que, paradoxalement à cette situation, le ministère est doté de toute une direction chargée de développer l’éducation physique.

Dans un communiqué, la FAE-UGTM énumère de nombreux problèmes qui peinent toujours à trouver une solution. En tête de liste, c’est la surpopulation des classes primaires et secondaires qui devient préoccupante. Dans certaines régions rurales à Meknès et Fès et dans les zones périurbaines autour des grandes villes, le nombre d’élèves atteint 52 dans les classes de sciences expérimentales. Dans des collèges casablancais, selon la même source, les classes explosent presque avec un nombre phénoménal d’élèves :  près de 60! «Jusqu’à ce jour, nous n’avons pas de critère précis pour définir le nombre exacte que devrait contenir une classe», fait remarquer ce membre de la Fédération.

Et d’jouter qu’il est tout autant inadmissible d’avoir des classes (El Haouz, par exemple) où l’on enseigne à six niveaux différents en même temps. «C’est l’un des obstacles majeurs de l’éducation nationale dans le milieu rural. Comment voulez-vous qu’un élève se concentre sur sa leçon, qu’il réussisse sa scolarité ?», se demande-t-il avant d’attirer l’attention sur le déchirement des enseignants: «Formé en mathématiques, il se voit contraint d’enseigner la physique. Il est scpécialiste en arabe, il doit donner des cours d’histoire-géo… Juste après le diplôme, en plus, l’enseignant se retrouve face aux élèves sans aucun outil ni technique d’apprentissage. Il n’a rien et l’on s’attend à ce qu’il réalise un exploit!»

A propos du corps enseignant, la FAE-UGTM revendique une formation adéquate  et dénonce  le redéploiment. Pour la Fédération, ce dernier se fait sans prise en considération des conséquences sociales sur l’enseignant, des recommandations des organisations internationales sur le principe du regroupement familial. «Pour que l’on puisse avoir plus d’enseigants, ce n’est pas non plus une solution de créer des troncs communs. Le besoin en enseignants se pose toujours avec autant d’acuité», indique-t-il. La FAE-UGTM cite en exemple Nouaceur qui manque de 174 enseignants dans le primaire, et Rabat où 80 enseignants manquent aux lycées. «Ce sont ces problèmes de bases que l’on traine depuis des années qui nous préoccupent, entant que représentants de l’enseignant, mais aussi de l’élève. C’est sur cette situation que nous focaliserons notre dialogue avec le ministère», souligne Mohamed Sheimad.

Chaque problématique est digne d’un débat. Les syndicats ne rateront pas l’occasion de rappeler au ministère de l’Education nationale ses engagements pris lors de la signature d’un commun accord en 2007. Les syndicats compte sur une seconde chance pour remettre les pendules à l’heure. Le plan d’urgence n’a pas réussi à calmer leurs esprits. «Nous avons des priorités dont nous discuterons d’abord ensemble avant de les présenter à  madame la secrétaire d’Etat au cours de cette réunion», confie ce responsable. Si la lueur d’espoir attendue tarde à briller dans l’horizon, les grèves pourront être envisagées.

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