Casablanca ville verte
En Afrique, Casablanca fait partie des villes qui respectent le plus les normes environnementales. C’est l’une des conclusions du dernier rapport de l’index sur les villes vertes africaines.

Avec l’avènement prochain du tramway les bouchons casablancais devraient, en principe, être rayés de la circulation.
Le bureau d’études britannique Economist Intelligent Unit a rendu public, jeudi à Casablanca, son rapport 2012 sur l’index des villes vertes en Afrique. L’étude, qui a reçu le soutien financier de Siemens, s’est déroulée entre avril 2010 et mai 2011 et a ciblé 15 grandes villes (Accra, Alexandrie, Le Cap, Durban, Le Caire, Tunis, Casablanca, Pretoria, Johannesburg, Lagos, Luanda, Maputo, Nairobi, Dar es Salam, Addis-Abeba). Elles ont été choisies selon plusieurs critères : la taille, la superficie, et la disponibilité des données. Le classement est établi sur la base de 8 catégories : l’émission de CO2, l’énergie, la politique environnementale, les transports, la qualité de l’air, l’eau, l’assainissement, les déchets et l’utilisation des sols. Dans ce tableau, Casablanca figure parmi les villes qui respectent le plus les normes environnementales. Ces performances sont perceptibles à plusieurs niveaux.
Energie et C02
Casablanca s’affiche comme l’une des villes leader dans la fourniture d’énergie. En effet, 99 % des logements de la ville ont accès à l’électricité, « l’un des pourcentages les plus élevés de l’index et un résultat supérieur à la moyenne de celui-ci qui s’établit à 84% », informe le rapport. Toutefois, relève le document, « la consommation électrique reste relativement faible : 5,0 gigajoules par habitant », contrairement aux 6,4 gigajoules qui constituent la moyenne. La ville blanche ne figure pas dans la catégorie des grands pollueurs dans le continent. Les émissions de Co2 qui proviennent de la consommation électrique sont inferieures à la moyenne. A titre illustratif, ces rejets représentent 6 fois moins la quantité de gaz carbonique des 3 villes sud-africaines du classement (Durban, le Cap et Johannesburg). En Afrique du Sud, la quantité de gaz carbonique émise par personne dans la consommation d’électricité est estimée à 3 tonnes. Toujours d’après le rapport, 8% de l’énergie électrique du Maroc provient des sources renouvelables.
Eau et Assainissement
Un autre secteur où la capitale s’est distinguée est l’utilisation des sols. Seuls 15 % de citadins vivent dans des logements informels, ce qui est nettement inferieur à la moyenne du classement (38%). Les clignotants sont quasiment au vert dans la distribution de l’eau et dans l’assainissement. Selon le rapport, tous les résidents de Casablanca ont accès au liquide précieux. La consommation quotidienne est estimée à 89 litres par habitant. La politique d’assainissement reste aussi solide : 99 % des Casablancais ont accès à l’assainissement. « Casablanca dispose d’un code d’assainissement ainsi que des normes minimales en matière de traitement des eaux usées, normes faisant l’objet d’une surveillance régulière », révèle le document. Cependant, tout n’est pas rose. Il existe des failles à combler. Des efforts supplémentaires doivent être fournis dans la politique environnementale, particulièrement dans la gestion des déchets. A en croire les résultats de l’étude, Casablanca génère 474 kg de déchets par habitant. Cette situation est la résultante de la faible politique de recyclage de la ville comparée à celle des 14 autres villes. Les transports restent aussi l’un des talons d’Achille de la ville. Deux principales raisons : le réseau de transport public (1,4 km par km2) est en deca de la moyenne (2,7 km), et il n’existe pas de voie circulation réservée aux bus. Résultat : plusieurs embouteillages. Ces bouchons ont occasionné une perte de 2 milliards de dirhams en 2011. « Les liaisons se concentrent dans le centre-ville et le nombre d’interconnexion avec les régions périphériques est faible, ce qui signifie que les navetteurs provenant des banlieues doivent souvent effectuer des trajets à la fois longs et compliquées. […] La ville n’a que peu fait pour réduire les embouteillages », remarquent les responsables de l’étude. Avec l’avènement prochain du tramway ces bouchons devraient, en principe, être rayés de la circulation. ◆
3 QUESTIONS À …
Saïd Mouline Directeur exécutif de l’Aderee
« Il reste encore du travail à faire. »
Quelles sont vos impressions par rapport aux résultats de ce rapport ?
Il reste encore des problèmes à résoudre à Casablanca, notamment la gestion des déchets, des transports urbains. Les travaux en cours devraient changer la donne. Globalement, les résultats sont satisfaisants mais il reste encore du travail à faire.
Quels sont les projets en cours pour le développement des énergies renouvelables ?
Nous avons un programme pour dépasser les 25 % d’énergies renouvelables en 2020, 42 % de la capacité énergétique sera composée d’énergie solaire, éolienne et hydraulique en 2020. Il y a aussi le projet solaire avec 2000 mégawatts, le programme éolien qui devrait nous permettre de passer de 300 à 2000 mégawatts, et le programme hydraulique qui devrait passer de 700 à 1000 mégawatts.Qu’en est t-il de la sensibilisation des entreprises ?
La CGEM a élaboré une charte sur la responsabilité sociale des entreprises.
L’entreprise ne doit pas seulement se focaliser sur l’économique, elle doit aussi promouvoir le volet social et environnemental. La commission développement durable de la CGEM a mis en place un guide pour permettre aux entreprises de mieux gérer leurs déchets.












